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Culture et Sport

Manif et intimidation policière devant la Maison de la Radio : Castaner « solidaire » des policiers

Environ 70 voitures de police et une vingtaine de motards se sont réunis hier soir devant La Maison de la Radio et ont bloqué l'entrée de Radio France. Suite à cette tentative symbolique d'intimidation de la presse, Castaner s'est dit « solidaire » de l'institution policière à qui il a réitéré son soutien.

vendredi 26 juin

Plusieurs dizaines de policiers en tenue de service bloquaient l’entrée de la Maison de la Radio avenue Kennedy à Paris ce jeudi soir, tandis qu’environ soixante-dix voitures de police et une vingtaine de motards étaient stationnés gyrophares allumés, juste devant le siège de Radio France. Crédit Photo : Twitter PierreAntoine Lefort

Comme l’a montré la manifestation du 13 juin à Paris appelée par le Comité Adama, des dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs se mobilisent contre le racisme et les violences policières. Une mobilisation qui a poussé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner à annoncer l’abandon de la technique dite "de la clé d’étranglement", en cause dans de nombreuses affaires de violences policières, comme la mort de Lamine Dieng ou celle de Hakim Hajimi, tout deux morts par asphyxie entre les mains de la police.

Cependant, en parallèle le ministre a aussi promis la généralisation du Taser. Une arme elle aussi létale selon un rapport d’Amnesty International qui a décompté en 2001 pas moins de 400 morts après un tir de Taser aux États-Unis.
De même que pour les décès d’Adama Traoré ou de Cédric Chouviat ce n’est pas la clé d’étranglement mais le plaquage ventral par des gendarmes et des policiers qui est mis en cause.
L’interdiction de la clé d’étranglement constitue donc un moyen pour le gouvernement de répondre aux manifestants tout en conservant un permis de tuer pour la police.

C’est face à la mobilisation contre les violences policières et le racisme que les policiers manifestent aujourd’hui en tenue et parfois en arme dans les rues de Paris. Et le ministre de l’Intérieur les y encourage. Selon Sud Ouest, en déplacement à l’école nationale de la police à Saint-Cyr-Au-Mont-d’Or le lendemain de la manifestation policière devant la Maison de la Radio, Christophe Castaner a affirmé le lien entre le régime et ses forces de répression, ce vendredi devant les nouveaux officiers et commissaires de police : « Nous serons là pour défendre votre honneur, à chaque fois qu’il sera attaqué (…) vous n’êtes pas seuls. Nous sommes solidaires de vous et pouvez compter sur notre soutien. »

Et pour cause, cette manifestation s’explique par la déclinaisons sur le plan culturel de l’offensive du gouvernement contre le mouvement contre les violences policières et le racisme d’État. C’est ainsi que le syndicat policier Alliance a obtenu du préfet de Seine-Saint-Denis de faire effacé le mot « policières » d’une fresque réalisé à Stains (93) sur laquelle un artiste a représenté George Floyd et Adama Traoré surmontés de la mention « contre les violences policières et le racisme ». Une attaque autoritaire contre la liberté d’expression artistique qui a précédé celle contre la liberté de la presse à la Maison de la Radio

Et en bloquant - même symboliquement - les locaux de Radio France jeudi soir, les policiers ont donc envoyé un signal au monde artistique et médiatique, au moment où des voix engagés contre les violences policières et le racisme émergent aussi parmi des artistes comme Camelia Jordana, Ladj Ly ou Omar Sy. Des actes qui font d’ailleurs échos aux violences policières subies par les journalistes pendant les manifestations et décrites dans les témoignages recueillis par Amnesty International pendant le mouvement des Gilets Jaunes. Ou encore au soutien du syndicat Alliance à la proposition de loi du député LR Eric Ciotti pour interdire l’enregistrement et la diffusion d’images de violences policières.

Ces attaques contre le monde de la culture et de l’information montrent la fébrilité du régime face à l’idée que des artistes, des journalistes, et les travailleurs de l’audiovisuel puissent s’engager au côté du mouvement contre le racisme et les violences policières. Une offensive contre les droits démocratiques que le mouvement ouvrier et ses organisations doivent dénoncer, et un signe de l’air du temps.




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