^

Politique

Mépris de classe

Le gouvernement « trop intelligent » pour les gilets jaunes selon le chef des députés LREM

lundi 17 décembre 2018

On se souvient de la « pensée complexe » d’Emmanuel Macron lorsqu’il énonçait en 2017 les réformes néo-libérales de son programme. Cette sortie, qui s’intégrait dans la suite des petites phrases du président Jupiter, en avait irrité plus d’un par son mépris patenté des simples gens, trop bêtes pour comprendre que légiférer par ordonnance pour casser le code du travail est une mesure anti-sociale d’ampleur.

Depuis que les gilets jaunes se sont mobilisé, la rhétorique macronienne n’est plus en vogue : les propos ostensiblement méprisants ont participé d’un discrédit profond de la figure présidentielle. C’est ce que Gilles Le Gendre, président de LREM à l’Assemblée Nationale, ne semble pas avoir compris. Sur la chaîne Public Sénat, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale a ressorti la vulgate néo-libérale sur le même ton que le président des riches.

Ainsi, selon Gilles Le Gendre, le gouvernement serait responsable de deux erreurs : avoir « insuffisamment expliqué ce que nous faisons », et « avoir été probablement été trop intelligent, trop subtil, trop technique dans les mesures de pouvoir d’achat  ». A travers ce mea culpa qui n’en est pas un, Gilles Le Gendre assène deux ressorts bien connu de la macronie : la pédagogie et le mépris de classe.

La pédagogie, tout d’abord. Car comme à chaque fois lorsque des réformes anti-sociales sont présentées, toute contestation vient nécessairement d’un manque d’explication, comme si avec un discours plus bienveillant on allait accepter la privatisation du rail, la destruction du code du travail et des services publiques avec meilleure conscience, plus docilement.

Le mépris de classe ensuite. Si l’auteur de ces quelques « mots sortis de leur contexte » ne comprend pas que les insultes envers les catégories les plus précarisées de la population sont d’une gravité importante, et ce d’autant plus qu’avec le mouvement des gilets jaunes toute une partie d’entre elles ont commencé à relever la tête, c’est bien parce que la caste politique est déconnectée des réalités. Les revendications exprimées ces dernières semaines montrent au contraire que les gens sont bien au fait de ce qui leur arrive et de l’impact de la politique de Macron sur leur existence.

En bref, sur ce point comme sur bien d’autres, c’est le gouvernement qui a manqué d’intelligence et de subtilité. Mais de la part d’un rouleau compresseur néo-libéral, on ne s’attend pas à cela.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    mépris de classe   /    Emmanuel Macron   /    Politique