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Notre classe

#NonAuLicenciementDeEricBezou

Le soutien de Frédéric Lordon à Eric Bezou : "Le monde n’appartiendra pas toujours aux Pénicaud"

Le capitalisme est étonnant. Il a parfois des pudeurs de chaisières. Il met les salariés à genoux mais il se scandalise que les salariés le lui rappellent en se mettant à genoux. Inutile aux coupeurs de cheveux en quatre de se gargariser que « la Sncf, ça n’est pas le capitalisme ». Ca l’est.

lundi 25 mai

Les services publics néomanagérialisés sont une extension du capitalisme sous le faux nez d’entreprise publique. Que ses dirigeants n’attendent d’ailleurs que de privatiser. Pour mieux mettre les salariés à genoux.

La chose qui les a totalement déconcertés, et rendus furieux, c’est que Eric Bezou en se mettant physiquement à genoux se relevait politiquement – en leur montrant leur vérité, la vérité qu’ils ne veulent pas voir, celle qu’ils sont prêts à tout pour la dénier : la vérité du capitalisme, la vérité du salariat, la vérité de la subordination hiérarchique. En fait ce qu’a fait Eric Bezou, c’est un coup de génie : pousser en apparence la subordination jusqu’à son summum, mais pour la subvertir dans un geste d’insubordination réelle. On comprend que ses chefs n’aient pas aimé…

Il y en a une qui visiblement n’a pas aimé non plus : c’est Muriel Pénicaud. Muriel Pénicaud est un personnage fascinant. Je crois qu’on peut dire qu’elle est la figure la plus agressive et la plus méchante de ce gouvernement. On serait presque tenté d’ajouter qu’elle est aussi bête que méchante. Chacune de ces prestations audiovisuelles est un feu d’artifice. Elle est à peu près incapable de mener convenablement une phrase jusqu’à son terme et tout ce qu’elle dit est clair comme une flaque de mazout. Il faut au moins ça pour recouvrir la somme des régressions et des vilenies dont elle aura été l’auteur. Car Muriel Pénicaud est une ministre du travail qui ne parvient pas à cacher sa haine du monde du travail, et plus encore des travailleurs, enfin par-dessus tout des travailleurs qui se battent. Gaël Quirante et Antony Smith en ont fait l’expérience. C’est le tour d’Eric Bezou. L’erreur de Pénicaud est toujours la même : elle croit s’en prendre à des hommes seuls. Mais seuls, ils ne le sont pas du tout. Il y a même beaucoup de monde avec eux. Beaucoup de monde qui admirent leurs combats, y trouvent de l’espoir, et voient à travers eux que le monde est en train de changer, et qu’il n’appartiendra pas toujours aux Pénicaud. Eric Bezou, nous sommes avec toi.

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