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« Les conditions de travail sont dégueulasses » : les postiers mobilisés contre les attaques de La Poste

Suite à l’appel à la grève lancé par la CGT-FAPT et SUD-PTT ce 18 mai à La Poste, les salariés se sont rassemblés pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Nous avons discuté avec l’un d’eux, Willy, représentant syndical à SUD Bordeaux.

mercredi 19 mai

Crédits photo : Facebook Sud PTT Gironde

A Paris, Bordeaux, Vannes, Nancy, ou encore en Dordogne et en Eure-et-Loir, les employés de La Poste ont répondu présents à l’appel à la grève nationale

De nombreux grévistes se sont rassemblés, certains ont même manifesté, pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de considération à leur encontre, exigeant entre autres un gel des réorganisations pendant la pandémie qui, si elles sont maintenues, entraîneraient la fermeture de bureaux de poste, mais aussi la titularisation des contrats précaires et l’augmentation des salaires.

Alors que la crise sanitaire a permis à l’entreprise de faire un bénéfice de 2,1 milliards d’euros en 2020 du fait de la fermeture des commerces, les travailleurs de La Poste n’ont vu leur salaire augmenter que de 0,2%. Bien que le confinement ait été source d’enrichissement pour la direction, la crise sanitaire a été particulièrement éprouvante pour les postiers qui ont risqué leur santé et celles de leurs proches pour assurer la distribution des courriers et celle des colis.

De plus, s’ajoute à cela des réorganisations au sein de l’entreprise, entraînant la suppression de postes et l’augmentation des contrats précaires, favorisant le recours à la sous-traitance. Une cadence infernale est donc imposée aux travailleurs qui doivent maintenir un rythme de service en des temps incompatibles avec la réalité, devant assurer des distributions supplémentaires lorsque des bureaux de poste ferment ; au micro de Révolution Permanente, Willy, représentant syndical à SUD de Bordeaux explique : “Tous les gens qui partent à la retraite, tous les gens qui démissionnent, tous les gens qui sont en rupture conventionnelle, ils ne sont pas remplacés.”, “il y a un énorme turn over parce que les collègues intérimaires ne restent pas car ils se font exploiter.

Concernant la question des salaires et des conditions de travail, il précise : “En gros, on est à 1250 euros en début de carrière, un tout petit peu au-dessus du SMIC, et en fin de carrière après 40 ans de boîte, tu pars avec 1600 euros. Souvent, on a des collègues qui partent avant la fin de leur carrière parce qu’ils sont cassés par le travail et donc partent avec des retraites à 1000 euros ou moins.” “On n’a pas de lignes d’intempéries, on n’a pas de 13ème mois. On a quelques primes qui nous aident à sortir la tête de l’eau mais ces primes-là, ils les ont supprimées. Pour la prime d’intéressement par exemple, ils ont choisi un mode de calcul qui fait qu’en fait on a zéro. On avait une prime d’équipe, et pareil, depuis l’année dernière ils ont conditionné cette prime à la présence, ce qui fait que si tu es absent par exemple deux semaines dans l’année tu touches rien, y compris si tu es cas contact, si tu attrapes le covid au travail”.

Aussi, il ajoute : "les conditions de travail sont dégueulasses, tout comme les conditions de service public parce qu’en fait ils ne forment jamais les gens”. Face à la casse du service public par le patronat et le gouvernement qui soutient sa privatisation, il est nécessaire de ne pas laisser la date du 18 mai sans suite. Une prochaine date a d’ailleurs été posée, le 10 juin mais reste à confirmer, pour penser un plan de bataille pour imposer la titularisation de tous les contrats précaires, une revalorisation salariale et des conditions de travail dignes.




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