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Politique

Scandale

Macron s’affiche avec Elie Hatem, ex-membre d’Action française et fervent défenseur de Charles Maurras

Des clichés montrent Emmanuel Macron tout sourire aux côtés d’Elie Hatem, ami de la famille Le Pen, monarchiste et admirateur de l’antisémite Charles Maurras. Ces photos prises lors d’une cérémonie officielle de l’Elysée font scandale.

vendredi 13 décembre 2019

 Crédits photo : Capture d’écran / DR 

Alors qu’une cérémonie de décoration était organisée le 8 novembre dernier, Elie Hatem faisait partie des invités. Ce dernier explique à Mediapart avoir été convié par ses « amis Belmondo et Robert Hossein, à titre personnel et amical ». Tous deux ont été décorés lors de cette cérémonie, au même titre que Ralph Lauren, lui aussi présent. Elie Hatem ajoute : « j’ai fait comme tout le monde, j’ai pris des photos et ai échangé quelques mots avec le chef de l’Etat. Je l’ai félicité pour sa politique étrangère fidèle aux traditions diplomatiques de la France. »

De son côté, l’Elysée se défend : « c’est un accident, (…) une manipulation », précisant qu’Elie Hatem faisait partie d’une longue liste de plus de deux cents invités et qu’il n’était pas responsable de cette invitation. L’Élysée nie toute conversation de Hatem avec Emmanuel Macron.

L’Elysée avoue qu’une vérification policière de la liste des invités est faite, mais que le Palais n’aurait pas les moyens de vérifier le parcours politique de ses invités. Une simple recherche sur internet aurait pourtant suffit.

Avocat de profession, Elie Hatem a été membre de l’Action française, mouvement politique nationaliste et royaliste d’extrême droite, défendant les idées de Charles Maurras et sa théorie de l’ « antisémitisme d’Etat ». Il participe également à des rassemblements des catholiques intégristes de Civitas. Il a également été invité lors d’une conférence réunissant Alain Soral et Hervé Ryssen, tous deux condamnés pour antisémitisme. Lors de ces conférences étaient aussi présents Jérôme Bourbon, directeur du journal négationniste Rivarol, et Yvan Benedetti, pétainiste et ancien membre de l’Oeuvre française (mouvement d’extrême droite ultranationaliste). Des relations qui lui auront valu l’exploit d’être mis à l’écart de l’Action française, dénonçant via son porte-parole Antoine Bert, que l’avocat était « enfermé dans une nigauderie raciste ».

Elie Hatem fut candidat du Front national en 2014 à Paris pour les municipales. Mais aussi, en 2017 sous la bannière « Jeanne au secours » mouvement conjoint de Jean-Marie Le Pen, du Parti de la France et de Civitas. Il servit aussi d’intermédiaire à Marine Le Pen lors de sa rencontre avec Michel Aoun, président du Liban, à l’occasion d’un voyage politique et financier pour la présidente du Rassemblement national.

Personnage on ne peut plus sulfureux, il fréquente aussi le mécène russe Konstantin Malofeev, accusé d’avoir financé les séparatistes russes en Crimée. Ce dernier est aussi soupçonné d’avoir été l’un des instigateurs du prêt russe de deux millions d’euros injecté dans le micro-parti de Jean-Marie Le Pen, Cotelec.

Si l’une des manœuvres électorales du chef de l’Etat consiste à faire monter l’extrême droite, afin de se poser comme seul rempart face au Rassemblement National, Emmanuel Macron montre néanmoins ici toute son ambiguïté. Sa politique migratoire et la manière avec laquelle il réprime les mouvements sociaux via la police ou la justice, démontre que la frontière qui le sépare de l’extrême droite s’amoindrit.




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