^

International

Soutien face aux agressions réactionnaires

Madrid. Des militants revolutionnaires agressés par une organisation stalinienne : solidarité !

Ce jeudi, un groupe de militants de l'organisation stalinienne Frente Obrero s'est rendu à l'université Complutense de Madrid pour arracher les affiches de différentes associations d'étudiants, agressant physiquement une camarade de l’organisation sœur du Poing Levé. Ces méthodes, traditionnelles pour eux, vont de pair avec leur idéologie réactionnaire, nationaliste, raciste, transphobe et antiféministe.

vendredi 4 novembre

Ce jeudi, un groupe du Frente Obrero s’est rendu à la faculté de sciences politiques de l’Université Complutense de Madrid pour arracher les affiches d’associations étudiantes. Une militante de Pan y Rosas et de Contracorriente, organisation sœur du Poing Levé, a été agressée physiquement alors qu’elle tentait de protéger les affiches. Face à cela, de nombreux étudiants leur ont tenu tête et les ont expulsés du campus, montrant leur rejet de leurs méthodes de voyous.

Ces attaques ne sont pas nouvelles. Le Frente Obrero est connu dans toute l’Espagne pour être un groupe qui a pour vocation d’attaquer et de s’en prendre à d’autres organisations de gauche, féministes, pour les droits des personnes trans et antiracistes. C’est une organisation stalinienne avec des positions très réactionnaires et des méthodes de voyous.

Que s’est-il passé ? Jeudi matin, plusieurs militants du Frente Obrero, pour la plupart extérieurs à la faculté, ont parcouru les couloirs de l’université en arrachant les affiches des associations du campus et en menaçant leurs membres.

Traduction : À l’Université Complutense : le Frente Obrero déchire les affiches de l’événement de la @CRTorg qui se tiendra le 10. Si les réactionnaires du Frente Obrero n’aiment pas ça, vous ne pouvez pas le manquer !
 
Lorsque plusieurs membres de Pan y Rosas et de Contracorriente, ainsi que d’autres étudiants, se sont approchés pour les arrêter, ils ont continué à déchirer des affiches devant eux, dans une provocation manifeste. Une camarade de Pan y Rosas, étudiante en politique dans cette université, a été agressée peu après, alors qu’elle tentait de les empêcher de déchirer les affiches. On le voit dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux :
 

Traduction : Une camarade de @PanyRosasEE et @CRTorg agressée par le FO pour avoir défendu nos affiches contre les voyous. Unité de toutes les associations et des étudiants pour les virer de l’université ! Ni les menaces ni les agressions, No pasarán !
 
Rapidement, différentes associations et étudiants indépendants, ainsi que certains professeurs, ont pris la défense de la camarade. En réponse à leurs actions intimidantes, les militants du Frente Obrero ont été expulsés du campus. Comme beaucoup l’ont dit à ce moment-là : « Pas une agression de plus ne doit être autorisée, le Frente Obrero n’est pas le bienvenu à Somosaguas ! »

 
Traduction : Mais les étudiants de Somosaguas ont donné une réponse exemplaire aujourd’hui et ont fait comprendre que nous ne permettons pas la présence de réactionnaires à Somosaguas et que s’ils touchent l’une d’entre nous, ils nous touchent toutes.
 

Une tradition stalinienne réactionnaire

 
Mais ces méthodes ne sont pas fortuites, elles accompagnent l’idéologie réactionnaire de cette organisation stalinienne, nationaliste, raciste, transphobe et anti-féministe. Elle s’était déjà illustrée par des attaques permanentes contre le mouvement féministe, le mouvement LGTBI et les manifestations pour la loi trans. C’est une organisation qui n’a rien à voir avec la classe ouvrière, qui est de plus en plus diverse, féminisée et également composée de migrants et de personnes racisées.

Le Frente Obrero revendique une tradition politique, le stalinisme, liquidateur de révolutions, qui s’est imposé comme une bureaucratie brutale aux méthodes dictatoriales. Sa stratégie réactionnaire du « socialisme dans un seul pays » avait une dérive pleine de zigzags : de la théorie du « social-fascisme » qui s’opposait à la promotion du front uni pour empêcher la montée d’Hitler en Allemagne, à la politique des fronts populaires en alliance avec la bourgeoisie qui a étouffé des révolutions comme celle d’Espagne en 1936, pour ensuite promouvoir le pacte Hitler-Staline et finalement impulser une alliance du stalinisme avec les impérialismes « démocratiques », selon ce qui convenait à la bureaucratie.

Bien sûr, pour s’imposer, la clique stalinienne a d’abord dû déclencher en Russie une guerre civile interne, persécuter, emprisonner et assassiner les révolutionnaires et les opposants qui remettaient en cause son orientation, mettant fin à la démocratie des conseils ouvriers et à une grande partie des acquis sociaux et politiques de la révolution russe au temps de Lénine. L’assassinat de Léon Trotsky en 1940 par un agent stalinien, tout comme en 1918 la social-démocratie avait été responsable de l’assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebcknecht, était la tentative réactionnaire de ces bureaucraties de liquider toute perspective révolutionnaire en assassinant leurs principaux représentants. Mais ils n’ont pas réussi.

Ils disent qu’ils sont « en défense de la révolution d’octobre ». Mais c’est la bureaucratie stalinienne qui a liquidé la démocratie des soviets, imposé un régime bureaucratique à parti unique et trahi les grandes révolutions qui ont eu lieu dans d’autres pays, comme la révolution chinoise de 1925-27 ou la révolution espagnole. La chute du mur de Berlin et l’effondrement des « socialismes réels » ont montré, il y a plus de 30 ans, l’échec historique du stalinisme.
 

Stop à l’intimidation !

Les militants de Révolution Permanente envoient tout leur soutien à son organisation sœur et dénoncent toutes les attaques contre les organisations de gauche de l’Université Complutense de Madrid. Nous nous battons pour le communisme révolutionnaire, l’auto-organisation et la démocratie ouvrière, ce qui est tout le contraire de la monstrueuse dégénérescence bureaucratique qu’était le stalinisme.

Face à leurs méthodes d’agression permanente, nos camarades sont bien conscients qu’ils faut répondre par l’auto-organisation et la mobilisation du mouvement étudiant, et qu’il est plus que jamais nécessaire de construire une organisation véritablement révolutionnaire de la classe ouvrière, des femmes et de la jeunesse.



Mots-clés

Stalinisme   /    mouvement étudiant   /    Etat Espagnol   /    International