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Nous sommes tous des Palestiniens

Malgré la répression, les soutiens à la Palestine font entendre leur voix

Des rassemblements de soutien à la Palestine se sont tenus ces derniers jours en France, malgré des interdictions systématiques. Symbole de cette détermination à exercer son droit d’expression, le rassemblement parisien de jeudi soir a été une véritable démonstration de force. Le gouvernement, mis en échec, répond par toujours plus de répression.

Arno Gutri

13 octobre 2023

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Malgré la répression, les soutiens à la Palestine font entendre leur voix

Tous les efforts du gouvernement pour criminaliser et réprimer le soutien à la cause palestinienne n’auront pas permis d’étouffer les « Palestine vivra, Palestine vaincra ! » et « Nous sommes tous des Palestiniens ! » entendus ces derniers jours, au milieu des drapeaux palestiniens. L’offensive autoritaire du gouvernement s’est heurtée à un mouvement de solidarité déterminé.

Tout au long de la semaine, des rassemblements de soutien au peuple palestinien ont bravé les interdictions systématiques prononcées par les préfectures. S’engouffrant dans la voie du gouvernement, qui amalgame toute forme de soutien à la Palestine à « l’apologie du terrorisme » et « l’antisémitisme », les autorités locales ont justifié leurs arrêtés d’interdiction en évoquant « la multiplication d’actes antisméites » ou l’éventuelle apparition de « slogans antisémites », des « banderoles aux couleurs de la Palestine », l’impossibilité de « publiquement soutenir un groupe terroriste dans un pays démocratique », voire carrément « une atteinte à la dignité humaine ».

Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nîmes... : la solidarité s’impose face à la répression

Pourtant, refusant la position de soutien à la politique coloniale d’Israël qu’a tentée d’imposer le gouvernement, assimilant la résistance palestinienne au « terrorisme » et légitimant le « droit d’Israël de se défendre », des milliers de personnes se sont opposées à la répression en se réunissant partout en France pour exprimer leur solidarité et leur colère. Ces manifestations interdites se sont aussi transformées en tribune pour dénoncer la répression subie par les soutiens de la cause palestinienne.

Dès lundi soir, environ 150 personnes se sont rassemblées à Lyon. « Ce qu’on oublie de dire, c’est que ce qui a radicalisé ces groupes, c’est l’oppression de l’État d’Israël », a expliqué à l’AFP un jeune manifestant. Le lendemain, plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Marseille, à l’appel de nombreuses organisations, dont Révolution Permanente. A Nîmes, une soixantaine de personnes ont rejoint le rassemblement appelé par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et la Ligue des droits de l’homme du Gard, mercredi. « C’est une injustice pure et dure », s’est indigné Nassera, à propos de l’interdiction prononcée par la préfecture, « c’est un rassemblement pacifiqu »”. "C’était un rassemblement (...) pour dénoncer la colonisation et l’état d’apartheid mis en place par le gouvernement d’extrême droite d’Israël. Et aussi pour montrer que malgré la position de la France, qui donne le feu vert à Israël pour bombarder Gaza, nous les soutenons, nous sommes là, nous pensons à eux ", a affirmé Saad. Le même jour, à Bordeaux, la manifestation interdite s’est transformée en rassemblement d’une centaine de personnes, place de la Victoire. Dans des conditions (une demi-heure et sans micro) imposées par les forces de répression, les organisateurs ont dénoncé la complicité de l’Etat français avec la politique coloniale d’Israël : « La France est un pays colonial dans son ADN ». A Toulouse, jeudi soir, une centaine de personnes se sont rassemblées malgré l’interdiction. Pendant ce temps à Paris, des milliers de manifestants réalisaient une véritable démonstration de force en défiant la répression pour exercer leur droit à montrer leur solidarité au peuple palestinien.

A Paris, Lyon, Toulouse ou Nantes, les cortèges ont subi les charges et les gaz lacrymogènes des forces de répression. Plusieurs personnes ont été interpellées à Toulouse, trois à Nantes], et plusieurs manifestants ont reçu des amendes pour avoir porté un drapeau palestinien.

Parachevant cette semaine, les manifestations du vendredi 13 octobre, contre l’inflation et l’austérité, ont aussi été l’occasion de manifester la solidarité envers le peuple palestinien. Comme à Toulouse, où des miliants du Collectif Palestine Vaincra, de l’AFPS, du NPA et de Révolution Permanente tenaient un point fixe de solidarité.

Le gouvernement répond par l’intensification de la répression

Mis en échec par la détermination et la défiance opposée par les soutiens de la cause palestinienne, le gouvernement a tenté de reprendre la main, jeudi, en appelant à plus de répression. Dans une circulaire adressée aux procureurs des tribunaux et des cours d’appel, le ministre de la justice Eric Dupond Moretti a appelé à « une réponse pénale ferme et rapide ». Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a adressé un télégramme aux préfets dans lequel il exige que « les manifestations pro-palestiniennes, parce qu’elles sont susceptibles de générer des troubles à l’ordre public, doivent être interdites » et ajoute que « l’organisation de ces manifestations interdites doit donner lieu à des interpellations ». Des consignes claires pour intensifier et systématiser la répression.

Face à la criminalisation et la répression du soutien à la Palestine, il est nécessaire d’organiser un front large de toutes les organisations opposées au colonialisme, qui s’appuie sur le courage et la solidarité montrés ces derniers jours à travers le pays, et les amplifie, pour défendre notre droit à exprimer la solidarité envers le peuple palestinien, victime de 75 ans d’oppression coloniale.


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