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Moselle. Variants qui circulent, hôpitaux à la limite de la rupture… et Véran temporise

En visite en Moselle, le ministre de la santé Olivier Véran n’aura, en définitive, rien annoncé, renvoyant à des consultations à poursuivre. Pourtant, le nombre de cas Covid, et la présence des différents variants augmentent fortement, et les personnels hospitaliers alertent sur l’urgence de la situation.

vendredi 12 février

Jean-Christophe VERHAEGEN, AFP

Depuis plusieurs jours, la Moselle est au centre de l’attention en ce qui concerne la pandémie de Covid19. En effet, le département est aujourd’hui frappé par la circulation des fameux variants brésiliens et sud-africains, dont les études actuelles ne permettent pas de dire si les vaccins actuellement autorisés sont aussi efficaces qu’avec la souche originelle ou le variant britannique.

De fait, le taux d’incidence du virus dans le département, serait de 291, soit largement au-dessus de la moyenne nationale située à 201, et du seuil d’alerte fixé à 50. Par ailleurs, ce sont trois cents cas de variants d’Afrique du Sud ou du Brésil qui ont également été détectés en seulement quatre jours, ce qui pousse des voix locales à demander de nouvelles mesures.

Ce 12 février, Olivier Véran était donc en visite en Moselle, et la rumeur d’une série de mesures localisées avaient enflés, notamment le report de la rentrée des classes suite aux vacances de février.« Je vais rentrer à Paris et continuer la consultation et notamment discuter de la question des écoles «  a annoncé le ministre de la Santé aux journalistes, à la sortie de sa visite qui l’aura vu s’entretenir avec les élus locaux et l’agence régionale de santé .

Si ce n’est un point d’information sur la situation, qui voit aux alentours de 100 cas de variants chaque jour dans le département, l’allongement de la période d’isolement à dix jours pour les personnes infectés du Covid et des cas contacts, le fait que, jusqu’à preuve du contraire, chaque cas était suspecté d’être un cas variant et quelques banalités sur la volonté du gouvernement d’accélérer la vaccination, Véran aura donc joué la carte de la temporisation. En soi, aucune mesure n’aura été prise ni annoncée.

Pourtant, la question de la rentrée scolaire pose un réel problème, qui dans l’esprit du gouvernement ne se résume visiblement qu’à l’ouverture ou la fermeture des établissements. Dans les conditions d’une circulation accrue de variants dont on sait qu’ils sont plus contagieux, il est clair que les enseignants et personnels sont laissés à l’abandon, alors qu’il reste encore une semaine de cours. Pourtant, selon France Bleu Moselle trois écoles, et quatre collèges ont déjà du fermé du fait de leur taux de présence du virus.

Plus encore. Si on pouvait s’attendre que la question des hôpitaux soit du domaine de la compétence du ministre de la santé, les soignants restent eux aussi sans réponse. Pourtant, et comme le souligne LCI, la situation dans les hôpitaux moselans est particulièrement préoccupante. Ainsi, « 575 personnes sont actuellement hospitalisées dans un service de réanimation. Elles sont prises en charge pour des problématiques liées au Covid-19. À la différence de la première vague, on retrouve dans lesdits services de réanimation des patients atteints du coronavirus, qui représentent à peu près la moitié des malades. Et l’autre moitié est constituée par ceux qui ont d’autres pathologies ». Dans une situation de flux tendu, « la charge de travail inquiète les soignants. Le coronavirus leur ajoute beaucoup de tâches. Ainsi, ils ont été obligés de déprogrammer 50% des opérations sur les différents hôpitaux de Moselle. En outre, les professionnels de santé s’inquiètent aussi de la fatigue, car cela fait un an qu’ils font face à la surcharge de travail, depuis la première vague » précise LCI.

A ce titre, il est clair que la temporisation de Véran, tout comme les propositions qui reviennent sur la table, comme par exemple avancé le couvre-feu ou fermer les écoles, sont plus qu’en deçà de la situation. Il s’agit de la continuité d’une logique purement répressive, qui maintient l’hôpital public sous tension. Cela malgré les leçons de la première vague, qui ont montré la fragilité des hôpitaux du Grand Est, après des années de casse du service public. Tout au contraire, il est indispensable d’embaucher massivement dans les hôpitaux, en Moselle comme ailleurs, et d’augmenter drastiquement les moyens matériels, avec pour priorité la réouverture de milliers de lits afin de sortir de cette situation dramatique ou des opérations « non-Covid » sont reportées dans des proportions toujours plus importantes. Concernant les écoles, la question des moyens est aussi au cœur du problème, avec des protocoles sanitaires impossibles à appliquer, des manques de tests efficaces, de masques etc. A ce titre, la visite de Véran en Moselle s’inscrit dans la lignée de la politique du gouvernement : une opération de com’ avec l’envoi d’un VRP de la macronie pour assurer le service après-vente de la politique sanitaire pourtant désastreuse du gouvernement.




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