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Offensive islamophobe : l’ONG Baraka City reçoit la notification de sa dissolution

C'est quelques jours à peine après que Darmanin ait annoncé vouloir dissoudre des associations liées à la défense des musulmans, que l'ONG BarakaCity a reçu sa notification de dissolution. Le gouvernement intensifie son offensive islamophobe.

mercredi 21 octobre

Crédit photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Dans la soirée du 20 octobre, l’association Barakacity a été notifiée d’un document du ministre de l’intérieur confirmant la volonté de l’exécutif de dissoudre l’ONG. L’association a déjà fait l’objet d’une perquisition la semaine passée et son président, Idriss Sihamedi, d’une garde-à-vue après avoir attaqué Zohra Bitan et Zineb El Rhazoui, deux portes-étendards du discours islamophobe et réactionnaire, sur Twitter. Dans la continuité de la notification de dissolution de l’association, Idriss Sihamedi a été convoqué par les forces de l’ordre pour répondre à un interrogatoire qui a finalement donné lieu à une nouvelle garde-à-vue.

L’association dispose de seulement cinq jours pour apporter une défense et répondre aux accusations du ministère de l’intérieur, un délai que les avocats de BarakaCity, Vincent Brengarth et William Bourdon jugent dans un communiqué posté sur Twitter « extrêmement court », pointant « L’indigence des motifs [...] ainsi que la célérité de cette décision [qui] confirment le caractère totalement politique et opportuniste de cette mesure ».

Les chefs d’accusation envoyés à l’association sont doubles, le premier tourne autour de certains messages qui auraient « provoqué de nombreux commentaires antisémites, des menaces de mort, des propos apologétiques de crimes contre l’humanité  ». Ils font ainsi porter le chapeau à l’ONG et la rendent responsable de discours ou d’agissements, sans apporter de preuves conséquentes. La deuxième s’inscrit dans la continuité des attaques contre Idriss Sihamedi : « Le ministère considère que les activités de l’association et les publications de son président sur les réseaux seraient indissociables ». Comme l’expliquent les avocats de BarakaCity, le ministère de l’intérieur va jusqu’à indiquer qu’il se serait « rendu dans une zone contrôlée par l’Etat islamique ».

Les deux avocats démentent ces accusations et rappellent que BarakaCity n’a jamais été condamné pour les éléments cités précédemment. Les deux avocats ont annoncé avoir saisi le défenseur des droits et la commission nationale consultative des droits de l’homme pour dénoncer ces accusations.

Le gouvernement renforce son offensive islamophobe, et met en acte son projet de loi

Depuis plusieurs semaines déjà le gouvernement prépare la loi contre les « séparatismes » qui devrait donner de nouvelles possibilités légales pour attaquer les associations jugées « anti-républicaines ». « Il sera permis de dissoudre les associations et assumer que, en vertu de nos principes républicains et sans attendre le pire, on puisse dissoudre des associations dont il est établi qu’elles portent des messages qui contreviennent à nos lois et nos principes » voici comment Macron évoquait cette nouvelle possibilité.

A la suite du meurtre de Conflans contre Samuel Paty, l’exécutif sous couvert d’union nationale et de lutte contre le terrorisme, multiplie les amalgames et renforce sa loi islamophobe. C’est dans ce sens que Darmanin a promis qu’il n’y aurait "pas une minute de répit pour les ennemis de la République". Nous écrivions->https://www.revolutionpermanente.fr/Interpellation-et-perquisition-chez-BarakaCity-l-application-avant-l-heure-de-la-loi-sur-le] la semaine dernière que l’interpellation et la mise en garde-à-vue du président de BarakaCity apparaissaient comme une mise en pratique avant l’heure de « ce que le gouvernement veut généraliser avec la loi contre le « séparatisme » ». Nous en voyons la preuve maintenant que Macron dit vouloir avancer sur les mesures concrètes et que plusieurs associations sont visées par des procédures de dissolution.

Contre la volonté du gouvernement d’instrumentaliser le terrible meurtre de Samuel Paty, contre les amalgames entre terrorisme et musulmans, il est nécessaire de s’organiser. L’ensemble des organisations de la gauche politique et sociale mais aussi des organisations syndicales doivent se positionner clairement, en défense de ces droits démocratiques, pour l’existence de ces associations et en opposition claire à la politique islamophobe du gouvernement, qui attaque avec une force rarement vue des millions de musulmans de France.




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