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"On a été sacrifiés pendant le Covid !" A Roissy, les agents de sûreté aéroportuaire en grève pour la dignité

Ce 16 novembre, de nombreux agents de sûreté de plusieurs aéroports (Roissy, Nice, Marseille) ont commencé une grève pour la renégociation de leurs contrats. En première ligne pendant la pandémie, ces salariés luttent pour la reconnaissance et l’amélioration de leurs conditions de travail et de salaires, toujours plus dégradés. A Roissy, 700 personnes se sont rassemblées pour lancer la bataille.

mardi 16 novembre

Ce mardi, les agents de sûreté des aéroports de Roissy Charles de Gaulle, Orly mais aussi Nice ou encore Marseille, se sont mis en grève pour revendiquer des meilleurs conditions de travail et salaires. Ils luttent notamment contre la restriction imposée sur la PASA (prime annuelle de sûreté aéroportuaire), une prime annuelle qui correspond à un 13ème mois de salaire, qui fait baisser largement leurs revenus.

« Les femmes seront les premières attaquées, on a aucun respect pour nous » : le combat des agents de sûreté lancé à Roissy

Environ 700 personnes ne sont réunies ce mardi matin, pour manifester à Roissy. De nombreux salariés, d’entreprises de sûreté et syndicats différents, mais aussi des soutiens d’autres secteurs, se sont retrouvés au Terminal E pour lancer la bataille. Les revendications des salariés portent principalement sur le maintien de la PASA, cette prime de fin d’année que les nouveaux contrats devraient indexer aux taux de présence des grévistes. Mais les grévistes revendiquent également l’augmentation générale des salaires à hauteur de 10%, une prime exceptionnelle de 1000 euros, amélioration des conditions de travail.

« La PASA est une prime de fin d’année importante pour notre pouvoir d’achat, ils veulent la soumettre à de nouveaux critères. Nous on dit non, on revendique la PASA, mais aussi de meilleurs salaires et conditions de travail » explique Claude, délégué CGT à Samusic Sûreté. Nadia, elle, est en colère et ira « jusqu’au bout » contre la « pro-ratisation » de cette prime essentielle pour ces salariés qui ont travaillé pendant toute la crise sanitaire.

« Tout augmente sauf les salaires. Il va falloir qu’ils sortent l’argent. On a été en première ligne du COVID, la société a reposé sur nous, les infirmières, les salariés de la grande distribution, du transport, de la sûreté, on les laissera plus dire qu’on est insignifiant, on mérite tout ! » a déclaré Anasse Kazib, présent en solidarité avec les grévistes. En effet, la lutte de ces travailleurs est exemplaire, contre un patronat qui remercie les salariés de leurs sacrifices pendant la pandémie par des baisses de salaires.

Cette attaque va, par ailleurs, retomber principalement sur les femmes comme le souligne Marie, gréviste, qui l’a dénoncé dans son intervention. « On est beaucoup de femmes à travailler, on a aucun respect pour nous. On aura plus le droit d’avoir d’enfants ! [..] C’est une honte, on va se battre » explique la salarié. En effet, la nouvelle indexation de la PASA, va retomber principalement sur les femmes qui auront pris un congé maternité ou qui ont des absences pour s’occuper de leurs familles. Une mesure misogyne et qui précarisera les personnels déjà en difficulté pour des accidents du travail ou des problèmes de santé.

« Avec les nouveaux critères, une femme en congé maternité ne pourra plus toucher la PASA, pareil quand on partira en formation, si on a un accident de travail. C’est scandaleux tout simplement » ajoute Éric, agent gréviste. Certains salariés ont déjà perdu du salaire à cause du chômage partiel pendant la pandémie, d’autres ont été malades, ils veulent être enfin reconnus.

« Il va falloir qu’ils crachent l’oseille, s’ils lâchent pas à Roissy, on leur fera la guerre partout » : poursuivre la bataille pour les salaires et la dignité !

Cette bataille exemplaire lancée par ces grévistes, a lieu également dans les aéroports de Marseille ou Nice et rappelle d’autres luttes, comme celle des salariés d’H&M contre les licenciements ou la victoire de Neuhauser sur la réorganisation du temps de travail. Comme l’a bien souligné Anasse Kazib, il est central de se battre pour améliorer les conditions de travail et de refuser de payer la crise après deux ans de crise sanitaire où « la vie de l’humanité a reposé sur les épaules des travailleurs ».

C’est pour ça qu’il est essentiel de soutenir la bataille des agents de sureté de l’aéroport, qui ont décidé de reconduire la grève à Roissy et de se rassembler à nouveau jeudi pour mettre la pression aux directions d’entreprises. Aujourd’hui le trafic largement perturbé à Charles de Gaulle, il ne faut rien lâcher pour gagner. La grève s’élargit à d’autres aéroports, et est symbolique des difficultés financières auxquelles font face les travailleurs. Hussein, délégué syndicale et gréviste à Securitas aviation, à l’aéroport Marseille-Provence, résume : « Nous ne nous laisserons pas faire, on se battra contre la dégradation de nos conditions de travail, pour notre pouvoir d’achat. Nous voulons un statut d’état et ne plus être soumis à des appels d’offres publiics ! »




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