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Notre classe

Rapport de force

Paris. En grève, des métallos manifestent contre un projet de casse de leurs conditions de travail

Ce jeudi, à l’appel de la fédération CGT métallurgie, face à une attaque historique du patronat, des ouvriers en grève des quatre coins de la France sont venus manifester à Paris. Une première manifestation qui doit servir de base pour construire un rapport de force plus conséquent.

jeudi 25 novembre

Ce jeudi, une manifestation et une grève appelées par la fédération CGT métallurgie a réuni des milliers de travailleurs (7000 selon la CGT) qui sont descendus de toute la France pour une mobilisation massive. Cette journée de grève avait pour but de combattre l’organisation patronale UIMM (Union des Industries Métallurgiques et Minières) qui cherche à imposer au secteur une nouvelle convention collective nommée « dispositif conventionnel », qui viendrait, clore 5 ans de négociations entre le patronat et les syndicats, et entérinerai une attaque historique contre 1,4 millions de travailleurs et leurs conditions de travail.
Comme l’explique cet article de la CGT, le secteur de la métallurgie dispose de 76 conventions collectives territoriales, le syndicat cherche lui justement à imposer une convention nationale basée sur le meilleur de chacune de ces conventions.

Or, le patronat cherche à clore rapidement les négociations afin d’imposer sa propre convention, celle-ci viendrait, comme l’expliquait à notre micro Vincent Duse, délégué CGT sur le site PSA de Mulhouse, remettre en cause une multitude d’acquis des travailleurs, en l’occurrence la prime d’ancienneté, les primes de nuit et de Week-end, la suppression des congés, et des attaques contre les salaires. C’est donc bien pour défendre leurs conditions de travail et leurs salaires face au patronat que les salariés se sont mobilisés à Paris ce jeudi.

Des salariés d’entreprises des quatre coins de la France étaient présents, parmi lesquels des travailleurs de PSA, Thalès, SKF, Airbus, ArcelorMittal, Renault, ou encore les salariés de l’entreprise PSA de Douvrain. Ces derniers sont actuellement menacés par la fermeture de leur usine par le patronat qui veut relocaliser la production en Hongrie, quitte à laisser sur le carreau près de 1200 salariés. Nous avons interviewé Jamart, secrétaire CGT de l’entreprise :

Une fermeture d’usine qui est à l’image des offensives auxquelles fait face ce secteur, offensives accentuées dans le cadre de la crise du COVID-19, avec la fermeture de la fonderie MBF liquidée en juin dernier avec la complicité de l’État, l’aciérie d’Ascolval menacée elle de délocalisation en Allemagne, ou encore la récente vente de l’usine Smart en Moselle.

Cette manifestation doit servir de base pour construire un rapport de force conséquent afin d’imposer au patronat les revendications des travailleurs, en ce sens, ces derniers ont besoin d’un véritable plan de bataille. Loin des illusions du dialogue avec les directions, qui comme l’ont démontré les manœuvres de l’organisation patronale UIMM, ne sert que leurs profits, une convention permettant de défendre les acquis, les conditions de vie, de travail et les salaires mais également de les améliorer en allant chercher l’argent dans les poches du patronat ne pourra être arrachée qu’en toute indépendance, par la mobilisation. Car de l’argent, il y en a, comme le rappelait Steven, travailleur chez Constellium près de Clermont-Ferrand.




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