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Politique

Gestion catastrophique

Pénurie de vaccins : le gouvernement à nouveau sous le feu des critiques pour sa gestion

Pénurie de vaccin, problèmes logistiques, absence de transparence… la gestion vaccinale du gouvernement ne s'arrange pas à la première semaine de campagne de vaccination pour les plus de 75 ans. Face à cela nous devons nous organiser pour une gestion démocratique de la situation, ce n'est que par ce moyen qu'il sera possible de sortir de la crise sanitaire.

mercredi 20 janvier

Crédits photo : AFP

Pénurie de vaccin : le gouvernement sous pression des élus locaux

Depuis lundi la campagne de vaccination pour les plus de 75 ans autonomes a été lancée par le gouvernement. Une opération qui fait suite au revirement opéré par l’exécutif, sous le feu des critiques après le démarrage catastrophique de sa campagne. Or, si le gouvernement avait annoncé en grande pompe le lancement de centaines de centres de vaccination, espérant rapidement rattraper son retard, il fait deux jours après déjà l’objet de nouvelles critiques.

En effet, les critiques des élus locaux vont bon train face à la gestion qui se veut cette fois « volontariste » (avec l’ouverture de près de 800 centres de vaccination) du gouvernement. C’est le cas de Martine Aubry, qui s’est vue refuser l’ouverture de plus de deux centres de vaccination : « la vraie difficulté, c’est qu’on a été plein immédiatement et qu’on a un nombre de doses extrêmement restreint » a dénoncé lundi la maire PS de Lille. De même, dans la commune de Neufchâlet-en-Bray, le maire a finalement renoncé à ouvrir le centre de vaccination à cause du rationnement : « une telle organisation pour 32 doses par jour, c’était déraisonnable ! D’autant que ce centre de vaccination devait concerner un bassin de 90 000 habitants » explique le maire LR pour Le Point. À Clamart ce sont 170 doses au lieu de 420 qui ont été livrées, liquidées en une journée, contraignant le personnel soignant à annuler les rendez-vous de toute la semaine rapporte LCI. L’Humanité fait de son côté état des difficultés à Paris. « La ville de Paris doit recevoir 10 000 doses dans la semaine. « Mais nous en attendions 50 000 à 60 000 », précise l’édile. La ville, où résident 170 000 personnes de plus de 75 ans, doit se livrer à des calculs d’apothicaire. « 10 000 doses par semaine, cela revient environ à 80 doses par jour et par centre, ce n’est pas suffisant. À ce rythme-là, on va terminer de vacciner en septembre », déplore Anne Souyris, adjointe à la mairie de Paris en charge de la santé publique. » rapporte le journal.

Au-delà du jeu politique et électoral auquel s’adonnent les maires, dans le cadre de la préparation des élections régionales et de la volonté de faire payer au gouvernement ses erreurs, ces critiques sur la gestion de la vaccination sont révélatrices des problèmes qui s’accumulent pour le gouvernement.Une situation liée à la baisse du niveau des livraisons prévues par Pfizer – lundi Agnès Pannier-Runacher annonçait que la France recevrait cette semaine 140.000 doses de moins que prévu - mais aussi à des problèmes de logistiques liés à l’impréparation du gouvernement. La dénonciation des problèmes de livraison se multiplie ainsi, notamment dans les villes très touchées par le Covid-19 comme Besançon. Au final, c’est le personnel soignant qui subit de plein fouet cette situation, contraint d’improviser. « Il faut vraiment qu’on arrive à retirer les 6 doses du flacon au lieu de 5 » témoigne une soignante dans le JT de TF1.

Où sont les doses ? Un manque de transparence

Par-delà les questions de logistiques, ce qui est également reproché au gouvernement c’est la question de la transparence sur les stocks. Olivier Véran, qui s’exprime très peu, se cache derrière un prétendu principe « d’équité territoriale » : « certains élus ont pensé qu’en ouvrant plus de centres, ils seraient privilégiés : ce n’est pas le cas » a-t-il expliqué au micro de France Inter ce mardi. Pourtant, aujourd’hui, 1,6 millions de doses ont été livrées en France pour seulement 585.664 personnes vaccinés selon le baromètre en temps réel du Ministère de la santé. Face à cette défaillance du gouvernement, de nombreuses voix s’élèvent pour demander où sont les 1 millions de doses restantes. Surtout, la comparaison avec le niveau vaccination dans d’autres pays met à mal le récit d’une campagne réussie. L’Italie et l’Allemagne ont ainsi déjà vaccinés respectivement 1,2 million de personnes.

Alain Fischer, immunologue chargé de la stratégie vaccinale du gouvernement se défend « ce qui est gardé, ce sont les doses gardées pour les maisons de retraite. Il n’y a pas de volonté, qui serait dénuée de toute logique, de mettre des doses de côté ».

Mais là encore, le gouvernement paye le coût de sa gestion catastrophique depuis le début de la crise et de ses multiples mensonges qui ont brisé toute confiance dans la parole de l’exécutif. Macron de son côté fait mine de gérer la situation en appelant à ne « pas céder à l’impatience » mais en privé le malaise est palpable : « si j’en entends un autre en parler [de la stratégie vaccinale] dans les médias, je suis à sa disposition pour recevoir sa lettre de démission » a ainsi menacé Macron lors d’un séminaire gouvernemental comme l’a révélé Libération. Ambiance.

Prenons nos affaires en mains !

Nous ne pouvons pas faire confiance à un gouvernement qui, depuis le début de la crise, démontre son incompétence criminelle. À nouveau cette situation et l’absence de transparence démontre la nécessité de mettre la campagne de vaccination sous le contrôle des soignants contre une gestion opaque et criminelle du gouvernement et des capitalistes pour lesquels la santé est un marché comme un autre. Les travailleurs et travailleuses, confrontés au quotidien aux problématiques de terrain, sont les mieux à même de fixer les priorités et l’organisation la plus adaptée à une sortie de crise rapide. Comme le revendiquent les salariés du laboratoire Sanofi qui savent que « dès maintenant on pourrait produire des dizaines de millions de vaccins » et demandent la mise à disposition des moyens de production pour une gestion démocratique par les travailleurs.




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