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Politique

« Émergents », « Ric », « Union jaune »

Pourquoi l’entrée des Gilets Jaunes dans le giron électoral enchante Macron

« Emergents », « Ric », « Union jaune », « gilets citoyens »… les listes de gilets jaunes se multiplient et ravissent la République en Marche. A la fois modalité de contrôle très contestée par la plupart des Gilets Jaunes de la mobilisation, elles promettent une division de son opposition lors des prochaines échéances électorales…

mercredi 30 janvier

Avec la liste “RIC” d’Ingrid Levavasseur lancée la semaine dernière, le parti “Les Émergents” annoncé par Jacline Mouraud il y quelques jours et de nouveau le départ mardi d’une seconde liste “Union Jaune” portée par le niçois Patrick Cribouw, les initiatives pour donner une fin institutionnelle par le haut au mouvement des gilets jaunes foisonnent.

Hormis le nouveau parti de Mouraud qui “ne proposera pas de liste aux Européennes, mais devrait être présent lors des municipales de 2020”, ces listes “gilets jaunes” se multiplient sous l’œil bienveillant de La République En Marche et d’Emmanuel Macron. Quelle aubaine pour le Président de la République qui dispute un match serré avec Marine Le Pen : “La majorité arriverait en tête des élections européennes avec 23,5% des suffrages si ces dernières avaient lieu dimanche prochain, suivie de près par le Rassemblement national” selon le sondage Elabe pour BFM TV publié mercredi 23 janvier.

L’arrivée de cette seconde liste “Union Jaune” qui revendique vouloir mettre en avant les thèmes de l’immigration et de la souveraineté et jouer la carte de la préférence nationale ne peut que participer aux fuites électorales dont sont victimes le Rassemblement National. Les autres listes, davantage ouverte à l’accueil, viendront grignoter les parts de la France Insoumise. Voilà qui pourrait bien faire survivre le « bloc bourgeois » macronien qui n’a cessé de s’effriter durant les derniers mois.

Mais si chacune des ces listes est généralement “saluée par la majorité des partis politiques” et des médias, elles subissent une pression importante de la part de la base des gilets jaunes, largement hostiles à ces récupérations électoralistes. Ils sont en effet peu nombreux à attendre du parlement Européen une amélioration de leurs conditions de vie. Contrairement à Ingrid Levavasseur qui défend que le responsable des inégalités est à chercher du côté de Strasbourg, beaucoup de gilets jaunes pointent du doigt Macron et les grands patrons. D’autant que démonstration a été faite que le rapport de forces se construisait sur les ronds points et dans la rue.

Les “listes gilets jaunes” ne sont des perspectives victorieuses que pour le gouvernement. Hayk Shahinyan, anciennement directeur de campagne de la liste de Levasseur, a fait part de ses doutes à emprunter ce chemin institutionnel devant “l’approche de la grève générale illimité dont l’appel fut lancé” et qui est susceptible de donner au mouvement une nouvelle dimension. Une mobilisation par la grève qui seule donne des chances au mouvement des Gilets Jaunes de gagner en construisant un rapport de force suffisant et en ne cédant pas aux sirènes des élections dont les règles sont faites pour avantager le système politique en place.




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