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Prêt à dérembourser les tests PCR ? Le gouvernement veut encore nous faire payer la crise sanitaire

Alors qu'à partir du 7 juillet les tests seront payant pour les touristes, le gouvernement commence à suggérer un possible chantage à la vaccination en arrêtant le remboursement des tests. Il nous faut plus que jamais réaffirmer la nécessité de tests massifs et gratuits pour tous et toutes.

jeudi 1er juillet

Ludovic MARIN / AFP

« Test de confort »... le mot est sorti. Et derrière lui se cache une suppression du remboursement des tests PCR et des tests antigéniques. Le ministre de la santé, Olivier Véran place cet horizon à la rentrée scolaire, quand, dit-il, « la vaccination aura été proposée à tous les Français  ».

Le premier pas vers le déremboursement le gouvernement l’a déjà franchi. En effet à partir du 7 juillet les touristes étrangers devront désormais payer 49 euros pour le PCR et 29 euros pour un test antigénique. Si le gouvernement prétend ainsi rendre justice aux français qui devaient le payer à l’étranger, c’est la porte ouverte à un déremboursement généralisé et à nivellement par le bas.

Le « test de confort » mis en avant par le gouvernement implique l’idée que les tests seraient utilisés abusivement par celles et ceux qui refuseraient de se faire vacciner. Ainsi face à un taux de vaccination qui piétine, une difficulté à convaincre après avoir enchaîné les scandales sanitaires et une gestion calamiteuse de la crise Covid, le gouvernement réfléchit une fois de plus à de nouveaux moyens coercitifs. Cette fois-ci donc, ils envisagent une forme de chantage au vaccin, par le biais de tests qui deviendraient payant. Un moyen d’instaurer une obligation à la vaccination qui ne dit pas son nom.

L’idée qu’il existerait des « tests de confort » qui correspondraient, selon l’institution de l’Académie de Médecine, aux tests « pratiqués pour convenances personnelles (obtention d’un passe sanitaire, voyages internationaux, participation à des événements collectifs) », est dangereuse. En effet elle remet en question la nécessité de la mise en place d’un dépistage massif qui ne se cantonne pas uniquement à des fins diagnostiques de cas contacts et à des fins épidémiologiques.

De la même manière que le gouvernement cherche à placer la responsabilité des évolutions épidémiques à l’échelle individuelle, optant pour la culpabilisation, il réfléchit avec cette nouvelle mesure à faire peser la crise à l’ensemble de la population. En effet transférer directement la prise en charge actuelle par la sécurité sociale à l’échelle individuelle reviendrait à faire des tests, un outil nécessaire pour faire face au Covid, une denrée chère et donc de fait inaccessible aux classes populaires.

Alors qu’une quatrième vague pourrait se profiler à l’automne, que la possibilité de contracter un variant après avoir été vacciné n’est pas nulle – elle est de 7% avec le variant Delta – la stratégie pour faire face au Covid doit passer par une augmentation de la vaccination mais ne peut s’y cantonner, d’autant plus que le seuil d’immunité collective avec cette souche est de près de 90%.

L’épidémiologiste Antoine Flahault expliquait en effet qu’il s’agit de « supprimer le virus », en étant « plus réactifs », c’est-à-dire en usant de la méthode du « tester, tracer et faire des confinements stricts et ponctuels de 3 à 5 jours ». Cela permettrait de réduire les contaminations et d’être ainsi en mesure de « tout séquencer, démanteler toutes les chaînes, mettre à l’isolement tous les positifs ».

Et quand le gouvernement tend à emprunter le même chemin que d’autres pays où se faire tester coûte plusieurs dizaines d’euros, il est nécessaire de réaffirmer que face à la crise épidémique les tests doivent être déployés largement et massivement et que la gratuité pour tous et toutes est un impératif, tant pour le vaccin que pour les dépistages et les masques.




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