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Jeunesse

tri raciste à Paris 8

Qu’attend la présidente de l’université Paris 8 pour inscrire les réfugié.e.s ?

Alors que le gouvernement continue sa politique raciste de tri à l'égard des réfugié.e.s d'Ukraine, plusieurs présidences d’universités se sont engagées à inscrire toustes les étudiant.e.s réfugié.e.s de la guerre en Ukraine sans distinction de nationalité. Qu'attend la présidence de l'université Paris 8, où plus de 200 dossiers ont été déposés, pour faire de même ?

mardi 19 avril

Alors que la guerre en Ukraine fait toujours rage, des milliers de personnes qui habitaient en Ukraine sont venues en France, espérant y trouver refuge. Cela était sans compter sur le racisme de l’Union Européenne et de l’État français qui ont décidé de n’accueillir que les réfugié.e.s de nationalité ukrainienne. Ainsi, tout.e réfugié.e d’une autre nationalité ou ne répondant pas à de nombreuses conditions, est exclu.e de la protection mise en place par l’Union Européenne. Parmi eux, nombreux et nombreuses étaient étudiant.e.s en Ukraine et désiraient reprendre leurs études dans l’hexagone. Poursuivant cette logique raciste, seul.e.s les Ukrainien.nes sont inscrits dans nos universités ; pour les autres, c’est le risque d’une exclusion du territoire qui plane, et ce, dès les prochaines semaines voire pour certain.e.s les prochains jours.

Face à ce traitement raciste, des centaines d’étudiant.e.s nationaux et réfugié.e.s ont commencé à se battre pour exiger l’inscription de toustes les étudiant.e.s réfugié.e.s sans distinction de nationalité, et ce, notamment à Paris 8, en Seine-Saint-Denis, où une assemblée générale a été convoquée il y a une semaine pour exiger qu’Annick Allaigre, la présidente de l’université, inscrive toustes les étudiant.e.s, allant même jusqu’à manifester devant les bureaux de la présidente pour l’interpeller.

Du côté des facultés intra-muros, les étudiant.e.s de la Sorbonne se sont mobilisé.e.s massivement mercredi dernier et ont occupé leur université pour s’opposer au second tour réactionnaire de l’élection présidentielle. A l’ENS Jourdan et à Science Po Paris également, les étudiant.e.s se sont mobilisé.e.s en ce sens. Lors d’une assemblée générale à la Sorbonne, les étudiant.e.s se sont solidarisé.e.s de la lutte des réfugié.e.s et ont décidé de répondre présent.e.s au rassemblement du 14 Avril, appelé dans plusieurs villes par Le Poing Levé et 15 organisations de jeunesses afin d’exiger l’inscription et la régularisation de tou.t.e.s les réfugié.e.s.

Ainsi, nous étions plus de 600 rassemblé.e.s devant le Panthéon à Paris pour porter ces revendications aux côtés de dizaines d’étudiant.e.s réfugié.e.s venu.e.s témoigner de leur situation. De nombreuses organisations ont également répondu à l’appel, parmi eux le NPA, l’UNEF, SOS Racisme, la FSE, le Red, l’UNL, L’UEJF ou encore RUSF.

Grâce aux pressions exercées par les étudiant.e.s, déjà au moins deux présidences d’universités ont accepté d’inscrire dans leur faculté tou.t.e.s les réfugié.e.s sans distinction de nationalité. En effet, c’est d’abord l’Université Aix-Marseille qui s’est engagée, ce mercredi, à inscrire tou.t.e.s les réfugié.e.s d’Ukraine ayant fait leur demande d’inscription avant le 1er mai. Puis l’université de Paris-Cité a voté ce vendredi 15 avril, en conseil d’administration, une motion s’engageant à inscrire également tou.t.e.s les réfugié.e.s de la guerre en Ukraine

De son côté, la présidente de l’université de Paris 8 avait déjà refusé une première fois, le jeudi 24 mars, une motion proposée par Le Poing Levé lors du Conseil de Formation et de Vie Universitaire proposant que l’université s’engage à inscrire tou.t.e.s les réfugié.e.s et étranger.e.s sans distinction de nationalité. Si elle s’est positionnée en faveur de leur inscription en cosignant une tribune publiée dans Le Monde intitulée « Continuons à former les étudiants que l’Ukraine avait choisi d’accueillir », pour le moment, aucune inscription n’a été acté à Paris 8. Aux dernières nouvelles, les réfugié.e.s ont été invité.e.s à passer par e-candidat ou Parcoursup pour espérer étudier en septembre prochain.

Pire encore, alors qu’une Assemblée Générale inter-fac avait été prévue par les étudiant.e.s et les réfugié.e.s mobilisé.e.s ces derniers jours contre le second tour Macron – Le Pen, la présidence de l’Université de Paris 8 a décidé de fermer les portes de l’Université ce mardi, afin d’empêcher la ténue de l’Assemblée. Cette dernière avait pour but de donner suite au rassemblement devant le Panthéon pour exiger l’inscription et la régularisation de tout.e.s les réfugié.e.s. En clair, elle empêche les étudiant.e.s réfugié.e.s de s’organiser pour leur inscription !

Après ces évènements, nous pouvons nous demander si la présidente de l’Université de Paris 8 tient tant que ça à ce que les réfugié.e.s puissent être inscrit, malgré ses déclarations de bonne intention en signant la tribune parue dans Le Monde. Le temps presse et ces étudiant.e.s, qui ont pour la plupart reçu des autorisations provisoires de séjour d’un mois seulement, risquent d’être exclu.e.s très prochainement du territoire français. Ils leur faut à tout prix une inscription dans les plus brefs délais ! Fermer les yeux, alors même que l’on détient le pouvoir d’inscrire ces étudiants, est inacceptable. Particulièrement lorsque d’autres universités ont franchi le pas, et encore plus lorsque l’on prétend être une « fac monde ». 



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