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Politique

Bientôt un arrêt des installations ?

Raffinerie de Grandpuits : les grévistes durcissent le mouvement, blocage total des expéditions pendant 96h

A Grandpuits, les grévistes viennent de voter ce lundi la reconduction du mouvement « jusqu’à vendredi 14h ». « Pas sortie de produit du tout du 7 au 10 janvier », explique un gréviste à la sortie de l’AG. En soutien, plusieurs personnalités de gauche étaient présentes, parmi elles, Besancenot, Mélenchon ou Coquerel. Une nouvelle AG est prévue Vendredi 12h ou pourrait se décider l’arrêt total de la raffinerie.

lundi 6 janvier

« Aucune raffinerie ne ravitaillera les dépôts de carburant ou les stations-services pendant 96h », lance un gréviste à la sortie de l’Assemblée Générale ce lundi. « Un certain nombre de raffineries répondront à l’appel », ajoute-t-il, s’inscrivant ainsi dans l’appel à de la fédération CGT Chimie à durcir le mouvement sur l’ensemble des raffineries de l’hexagone à partir du 7 décembre pendant 96h minimum.

Ainsi, les grévistes engagés depuis le 5 décembre dans un mouvement de grève ont décidé de reconduire le mouvement malgré les pressions de la direction de Total. Si pour l’heure, l’arrêt des installations n’est pas « enclenché », les grévistes de la raffinerie francilienne durcissent le mouvement à travers un nouveau blocage des expéditions par camions ou par pipe tout en s’inscrivant dans un processus visant à généraliser le blocage des expéditions, et la grève dans l’ensemble des 8 raffineries que compte l’hexagone. Une semaine qui s’annonce décisive pour la généralisation de la grève dans un des secteurs stratégiques.

Depuis une semaine, de nombreux soutiens se relaient pour soutenir les raffineurs. Des grévistes de la RATP et de la SNCF aux Gilets jaunes ce week-end, ce lundi, plusieurs figures de gauche et d’extrême-gauche sont venus affirmer leurs solidarités aux raffineurs telle Besancenot, Mélenchon ou encore Coquerel Besancenot. Un soutien politique qui marque d’une certaine manière la nécessité pour le mouvement de passer à l’étape supérieure pour une semaine décisive quant à la généralisation de la grève.

Et en effet, l’enjeux est capital comme l’explique Olivier Besancenot du Nouveau Parti Anticapitaliste. « Nous sommes venus ce lundi pour apporter notre soutien aux salariés de cette raffinerie. Quelle que soit la modalité d’action qu’ils choisissent. C’est peut-être bête, mais savoir qu’on n’est pas seul c’est quelque chose d’extrêmement important », souligne-t-il lors des prises de parole.
« La grève va se renforcer, se durcir, mais il faut aussi que tout le monde s’y mette", expliquent Eric Coquerel devant l’entrée de la raffinerie, après que les décisions des grévistes raffineurs soient tombées. Un enjeu d’étendre d’urgence la grève qui se dessine après un mois de mobilisation inédite.

La première victoire pour les grévistes de la SNCF et la RATP face au gouvernement était celle d’empêcher une trêve de se mettre en place, mais aujourd’hui, la bataille qui se dessine cette semaine sera décisive. Un rebond du mouvement pour une nouvelle séquence se joue notamment cette semaine, où jeudi se tient la quatrième journée de grève nationale interprofessionnelle. Une journée qui se doit de s’étendre par la généralisation de la grève à de nouveaux secteurs pour faire passer un cap au rapport de force.

La décision de Grandpuits, reconduite jusqu’à vendredi 14h pourrait avoir un effet domino dans les 7 autres raffineries du pays, à l’instar des raffineries des Bouches du Rhône. Les travailleurs de ce secteur, très mobilisés malgré la répression patronale, attendaient en effet qu’une première raffinerie donne le départ. C’est chose faite à Grandpuits, ce qui permet aux autres usines de voter plus facilement le blocage total voire l’arrêt complet sachant qu’elles ne sont pas isolées.

Les enjeux sont de taille, car tout le monde se rappelle l’impact du mouvement dans les raffineries en 2016, mais démarrés trop tard par rapport à la mobilisation contre la Loi Travail. Aujourd’hui, il s’agit de faire avancer le mouvement malgré les pressions patronales, très puissantes dans ce secteur qui peut tout changer en l’espace de quelques jours. « Aujourd’hui, il n’y a que le rapport de force qui fonctionne avec ce gouvernement. Donc on reste mobilisés et on ne lâchera rien », explique un gréviste, Adrien Cornet (CGT).

Une réelle dynamique donc, qui pourrait peser dans la balance largement alors que les deux camps sont dans une phase de la bataille décisive, qui se joue à quelques rebondissements près. Quand Juppé craquait en 48 heures en 1995 après une manifestation massive, il n’est pas utopique de se demander si l’entrée dans la danse de plusieurs raffineries à ce stade du mouvement, en jonction avec les grévistes de la RATP et de la SNCF, pourrait permettre d’enclencher un nouveau saut qui pourrait permettre de faire reculer Macron.




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