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Mouvement écolo

Répression judiciaire. Après Sainte Soline, 9 militants anti-bassines et syndicaux en procès vendredi

Vendredi 8 septembre se tiendra le procès de 9 militants anti-bassines et représentants syndicaux de la CGT, Solidaires et de la Confédération paysanne suite à la manifestation lourdement réprimée de Sainte-Soline en mars dernier. Un procès qui vise à faire taire la radicalité qui commence à s’exprimer dans le mouvement écolo, mais également à silencier l’intégralité du mouvement social. Un rassemblement est appelé en soutien à Niort.

Thaïs Cheynet

6 septembre

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Répression judiciaire. Après Sainte Soline, 9 militants anti-bassines et syndicaux en procès vendredi

Crédits photo : Révolution Permanente

Ce vendredi 8 septembre, neufs militants et représentants syndicaux sont convoqués au tribunal correctionnel de Niort, suite aux mobilisations contre les méga-bassines à Sainte-Soline. Parmi eux se trouvent notamment Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, deux porte-parole des Soulèvements de la Terre connus par leurs pseudonymes Benoît Feuillu et Basile Dutertre, mais également David Bodin, secrétaire de l’Union départementale de la CGT, Hervé Auguin, de Solidaires 79, Nicolas Girod et Benoît Jaunet, représentants de la Confédération paysanne.

Si la plupart sont accusés d’organisation de manifestation interdite, d’autres sont aussi accusés de « groupement en vue de commettre des violences contre les personnes et des dégradations contre les biens » ou encore « d’avoir frauduleusement soustrait » des morceaux de canalisations lors des mobilisations contre les bassines dans le Marais poitevin.

Avec ce procès, l’objectif du gouvernement et de la justice est de mater le mouvement écologiste, et plus particulièrement le saut de radicalité qu’il a effectué autour des mobilisations de Sainte Soline, en s’en prenant à des figures du mouvement. Comme le relèvent Les Soulèvements de la Terre dans un communiqué, « Ce procès n’est pas le premier. Ces derniers mois, le tribunal de Niort a déjà condamné de nombreux camarades à de lourdes peines de sursis assorties d’interdictions de territoire parfois pour de simples présences lors de manifestation.  »

En plus des chefs d’accusation visant directement le sabotage, qui témoignent d’une volonté du gouvernement de marquer le coup en sanctionnant toute action qui relève d’un affrontement plus direct avec l’Etat et les entreprises climaticides, l’accusation d’organisation de manifestation interdite est particulièrement significative de la portée politique de ce procès. C’est en effet une manière pour le gouvernement de normaliser une attaque anti-démocratique contre le droit à manifester, ce qui représente une menace pour l’intégralité du mouvement social, alors que la dernière séquence a vu se multiplier les interdictions de manifester.

Ainsi, après la répression physique ultra-violente orchestrée par le gouvernement à Sainte-Soline, les vagues d’arrestations contre des militants écolos et la dissolution (aujourd’hui suspendue) des Soulèvements de la Terre, le gouvernement intensifie sa répression judiciaire contre le mouvement écologiste.

Dans la lignée du discours sur « l’éco-terrorisme », ce dernier cherche par tous les moyens à criminaliser les militants et activistes écologistes. De manière plus générale, cette offensive fait partie des outils que mobilise Macron pour tenter de clore la séquence de colère et de contestation massive. Très récemment, le système judiciaire est venu renforcer et compléter la répression physique et policière, avec les nombreux procès profondément racistes contre les révoltés des quartiers populaires. De la même manière, l’inculpation de militants syndicaux à ce procès est dans la continuité des tentatives d’intimidation revanchardes de l’Etat contre ceux qui se sont mobilisés lors de la réforme des retraites, alors que Sébastien Menesplier, secrétaire général de la Fédération CGT Mines-Energie, était convoqué en commissariat ce mercredi.

Contre la répression qui s’abat sur le mouvement écologiste, il faut faire front. La lutte contre la répression est en effet une tâche essentielle de la période pour faire face aux nouvelles attaques du gouvernement, en exprimant et en organisant concrètement notre solidarité avec tous les réprimés. Les organisations syndicales ainsi que les Soulèvements de la Terre appellent à un rassemblement le vendredi 8 septembre place de la Brèche à Niort, dès 10h30 avant les audiences qui auront lieu l’après-midi à partir de 13h30 au tribunal judiciaire. Un rassemblement auquel il faut converger en masse, pour exiger l’amnistie et la fin des poursuites et enquêtes pour l’intégralité des réprimés du mouvement écolo, des quartiers populaires et plus largement de tout le mouvement social.


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