^

Notre classe

Blanchisserie du CHU de Bordeaux

Répression syndicale. Des méthodes pour museler les syndicalistes, même dans l’hôpital public !

Au CHU de Bordeaux, Marie-Laure Charchar, secrétaire générale CGT de la blanchisserie de Haut l'Évèque, est convoquée pour un entretien disciplinaire. À l'instar de ce qu'on voit dans le privé, comme à Magna dans la région, l'hôpital public cherche aussi à intimider les syndicalistes.

jeudi 6 mai

« Aujourd’hui, c’est au tour d’une agent(e) et syndicaliste CGT d’être menacée de sanction disciplinaire encore… Cette politique patriarcale de vouloir confiner la parole des syndicalistes CGT à tout prix devient de plus en plus courante. » dit la pétition de la CGT qui vient de sortir.

Marie-Laure Charchar est syndicaliste CGT, et pour avoir défendu les travailleurs de la santé contre les politiques d’austérité à l’hôpital public, elle subit un acharnement de la part de sa direction. On l’accuse de plusieurs motifs, d’abord d’avoir publié sur son compte personnel Facebook un appel à soutien d’un collègue passé en conseil de discipline, pour quoi elle avait déjà été convoquée début 2021. Mais aussi pour ne pas avoir porté son masque sur son poste de travail, alors qu’avec ses collègues, elle s’est battue contre sa direction pour exiger des masques dans la blanchisserie, où ils lavent du linge sale parfois contaminé, où les masques n’étaient soi-disant pas utiles au premier confinement. C’est la parole de la direction contre 10 attestations et celle de Marie-Laure qui se joue ici.

Cette nouvelle convocation apparaît véritablement comme un acharnement de la part de la direction. Les dernières paroles de la responsable lorsqu’elle est allée chercher sa lettre sont assez illustratrices de ce harcèlement : « dans tous les cas on va se revoir madame Charchar ».

On ne sait pas encore quelle sanction pourrait découler de cette convocation, issue de deux pré-entretiens disciplinaires préalables, qui déterminera si oui ou non la syndicaliste est sanctionnée, ou si elle a un conseil de discipline. Une pétition est déjà en ligne pour dénoncer ce harcèlement et cette répression syndicale.

Ce harcèlement s’opère dans un contexte où l’on assiste à la généralisation de ces méthodes dans différents secteurs, du privé, comme du public comme on peut le voir dans ce cas. Alors que les travailleurs et travailleuses de la santé, de tous services confondus, sont surmenés par la crise sanitaire face à laquelle ils sont en première ligne, dont la gestion sans moyens par le gouvernement est criminelle, les directions sont occupées à harceler les syndicalistes qui relèvent la tête. C’est le cas de deux personnels dans un EHPAD qui au premier confinement avaient dénoncé le manque de moyens et notamment de masques pour faire face à la crise, mais également d’une travailleuse dans un hôpital à Paris qui risque aujourd’hui de se faire licencier.

À Bordeaux, il y a également la nouvelle direction de l’ex-usine de GFT, aujourd’hui Magna, qui s’en prend à trois représentants syndicaux, CGT et FO, dont les sanctions peuvent aller jusqu’au licenciement. Cette répression syndicale vient au moment où les syndicalistes exigent des réponses quant à l’avenir de l’usine, menacée de fermeture.

Le 10 mai à 13H30 sera l’occasion de soutenir de nouveau Vincent, Gilles et Régis de Magna, à laquelle suit la convocation de Marie-Laure à la blanchisserie Haut Lévèque à 15H devant la direction de l’hôpital Haut-Lévèque (Direction du groupe sud Avenue Magellan à Pessac). Rendez-vous ce jour-là massivement, pour dire non à la répression syndicale : s’ils touchent à l’un d’entre nous, ils touchent à tous !




Mots-clés

Blanchisserie   /    répression syndicale   /    Bordeaux   /    Hospitaliers   /    Notre classe