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Transports

SNCF. Le RER B en grève ce jeudi : « Il faut mettre à l’arrêt tous les transiliens et RER »

Jeudi 1er février, les conducteurs et les agents commerciaux SNCF des gares du RER B seront en grève pour les salaires. Alors que des grèves se préparent aussi dans les technicentres et chez les contrôleurs SNCF, il faut coordonner les colères pour faire plier la direction.

Ivan Ferrero

31 janvier

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SNCF. Le RER B en grève ce jeudi : « Il faut mettre à l'arrêt tous les transiliens et RER »

Crédits photo : Guillaume vigier

Cela fait maintenant deux mois que les agents commerciaux SNCF du RER B, soutenus par la CGT et SUD RAIL, ont décidé en assemblée générale de faire grève ce jeudi 1er février pour exiger des augmentations de salaires. Une date à laquelle vont se rallier 95 % des conducteurs SNCF de la partie Nord du RER B à l’appel de la CGT, SUD RAIL et FO. Ils exigent des « augmentations d’ampleur » de leur salaire et de la prime traction, un 14e mois pour les JO ainsi que la possibilité de pouvoir prendre des congés cet été.

Que ce soit pour les conducteurs ou les agents commerciaux, les augmentations de salaires sont au centre des préoccupations face à l’inflation. En effet, l’augmentation de 1,8% annoncé fin 2023 par la SNCF a été très mal reçue par les travailleurs comme nous l’explique Farid Errouihi, agent commercial à la gare de Aulnay et délégué SUD RAIL : « Ils ne nous respectent pas, la seule chose qu’ils comprennent, c’est le rapport de force ». Alors que le salaire réel des cheminots avait déjà diminué en 2022, accepter une augmentation au rabais signifierait une nouvelle perte pour les salariés de la SNCF. « Ceux qui sont là depuis 10 ans ne touchent que 1300€. Avec l’inflation, il y a des personnes qui sont à découvert dès le cinq du mois » explique Farid.

De plus, la question des JO est dénoncée par le tract intersyndical d’appel à la grève comme « un prétexte supplémentaire pour renier les droits des cheminots ». Alors que près d’un million de voyageurs utilisent chaque jour la ligne B, la période de JO devrait mener à des records d’affluences. Cette situation inquiète les travailleurs comme l’explique Ismaël Mounir, conducteur sur le RER B et délégué SUD RAIL : « La direction nous propose une prime de 50€ brut pour les journées d’épreuves ce qui est clairement insuffisant quand on sait qu’on va nous refuser de prendre des congés et tout le stress que ça va engendrer ».

La colère qui va s’exprimer ce jeudi pour les travailleurs du RER B, fait écho à un mécontentement plus général dans la SNCF. En effet, les agents de la maintenance prévoient eux aussi de rentrer en grève sur les mêmes questions à partir du 6 février tandis que les contrôleurs ont annoncé un mouvement de grève pour les prochaines vacances scolaires. Les différents secteurs de la SNCF s’apprêtent donc à se mobiliser en ordre dispersé alors qu’ils se battent pour des revendications qui touchent aux même sujets.

Dans ce contexte il est essentiel de se coordonner pour imposer un rapport de force important. Comme l’affirme Farid : « il faut un plan de lutte sur les salaires pour coordonner l’ensemble des métiers de la SNCF. Il nous faut une date avec tous les métiers plutôt que plein de dates éparpillées où chacun fait grève de son côté ». Un point de vue qui également partagé par Ismaël qui explique que « le but d’une grève c’est d’essayer de taper fort, si on veut réussir à obtenir quelque chose, il faut au minimum mettre à l’arrêt tous les transiliens et RER ».

Ainsi, cette première journée de grève est une initiative importante qui doit servir de point d’appui pour un mouvement de grève d’ampleur à la SNCF. Les directions syndicales du secteur doivent proposer un plan de bataille qui permette une coordination des différents métiers, en développant dans tous les secteurs des assemblées générales qui décident des modalités de la mobilisation et de son contenu. C’est par cette voie qu’il sera possible d’imposer un rapport de force conséquent face à la direction de la SNCF et d’arracher ainsi des réelles avancées sur la question des salaires et les conditions de travail.


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