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Grève et sécurité ferroviaire

SUD Rail Paris Nord assigne la SNCF en justice et dénonce un risque « Bretigny »

Mercredi 14 avril, la SNCF est à nouveau assignée par SUD RAIL devant le tribunal judiciaire de Bobigny pour défaut d'entretien des voies.

samedi 10 avril

Crédits photo : Accident à Brétigny, AFP

Alors que les agents de la brigade de l’Infrapôle sont en grève depuis le 18 janvier 2021, la direction est prête à tout pour ne pas lâcher. Après la répression et l’entrave, elle joue la montre et n’hésite pas à mettre la sécurité en jeu. Jusqu’à quand ?

Début mars, les élus CSE du périmètre de Paris Nord ont été informés du fait que des travaux de maintenance importants n’étaient plus assurés depuis des semaines sur les voies des trains de banlieue et des TGV. Dans son acharnement à briser la grève, la direction avait basculé les grévistes de jour, laissant les voies sans entretien. Aujourd’hui, la grève se poursuit, et plutôt que d’accéder à des revendications élémentaires, la SNCF préfère jouer à la roulette russe avec la sécurité ferroviaire.

Contrôle de l’état des aiguilles, mesures de l’écartement des rails, nettoyage des voies : autant de gestes essentiels pour éviter les déraillements et protéger des centaines de milliers d’agents et d’usagers qui empruntent ces trains chaque jour.

Préoccupés par le risque d’accident, les élus ont déposé un droit d’alerte, au moins pour obtenir les documents qui attestent de l’état des voies. Refus net de la direction.

Pourtant, l’Inspection du travail avait lourdement insisté en ce sens et fait savoir son inquiétude quant à la situation : refuser la transmission de telles informations relève du délit d’entrave. Pire encore, ce sont exactement ces faiblesses qui ont mené à des accidents très graves. L’Inspection du travail évoque ainsi explicitement le drame de Brétigny en 2013, responsable de la mort de 7 personnes. Un défaut d’entretien des voies avait mené au dysfonctionnement d’une aiguille entraînant le déraillement immédiat du train. Scénario similaire pour un accident récent en Gare du Nord.

Preuve s’il en fallait que le métier des agents de la brigade, véritables forçats du rail, est indispensable au quotidien de toutes celles et ceux qui prennent les transports. L’acharnement de la direction à ne pas céder révèle surtout sa crainte que cette lutte fasse exemple et qu’elle donne des idées à tous ceux qui triment dans des conditions indignes. Se battre pour la victoire de l’Infrapôle, c’est se battre pour tous.

Aussi, mercredi, le syndicat SUD RAIL a de nouveau rendez-vous avec sa direction devant les tribunaux. Après une première victoire par laquelle les agents ont fait condamner la SNCF pour atteinte au droit de grève, c’est une nouvelle occasion de révéler aux yeux de tous l’irresponsabilité de ceux qui sont prêts à tout pour ne pas lâcher. Quoi qu’il en coûte ? Si le moindre déraillement devait se produire sur les voies, la direction doit savoir qu’elle aura du sang sur les mains.

De notre côté, nous continuerons à mettre toute notre énergie à soutenir les grévistes et les agents qui se battent pour des conditions de travail dignes, de circulation sure et un avenir meilleur.




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