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Solidarité réprimée

Saint-Denis : le maire PS menace le Landy Sauvage d’expulsion malgré la trêve hivernale

Point d'appui de nombreuses luttes et actions de solidarité à Saint-Denis, le Landy Sauvage ferme ses portes subitement suite a un arrêté municipal pris le mardi 23 mars par le maire PS Mathieu Hanotin.

mercredi 24 mars

Comme l’explique le Communiqué du Landy Sauvage : « en plein confinement et alors que la trêve hivernale a été prolongée jusqu’au 31 mai, la mairie de Saint-Denis a émis aujourd’hui, le mardi 23 mars 2021, un arrêté de fermeture immédiate du Landy Sauvage, un lieu d’accueil et de soutien aux plus démuni·es de 7000 m² ».
Le collectif occupant le lieu était déjà sous le coup d’une décision de justice lui ordonnant de laisser les clés des 7000m² d’entrepôts le 28 juillet prochain.

Comme l’explique Le Parisien, le maire a déclaré : « Il n’était pas prévu que 40 personnes dorment sur place, dont deux familles. On n’est pas dans un immeuble d’habitation » pour justifier sa décision. Il fonde son choix sur de soi-disant préoccupations pour la sécurité des habitants. « C’est une question d’urgence et de mise en sécurité des personnes, poursuit le maire. Je protège la vie des 40 personnes qui habitent dedans. C’est trop dangereux. On va au-devant d’un drame, alors qu’il y a déjà eu un incendie il y a quinze jours. » a-t-il expliqué.

De fait, quinze jours après un incendie s’étant déclaré entre le 7 et 8 mars et ne faisant aucune victime, une Commission Communale de sécurité émettait mardi 23 mars un « avis défavorable à l’accueil du public dans l’ensemble de l’établissement ». « Une décision incompréhensible » selon une membre du collectif que nous avons pu interroger. Elle estime que cet avis est « incompréhensible étant donné que l’accueil du public ne se fait plus pour des raisons sanitaires dans la partie du lieu que le rapport pointe du doigt ».

« Ils ne connaissent pas le dossier », déplore-t-elle, « de fait, le maire de Saint-Denis n’était même pas au courant que les lieux hébergeait une quarantaine d’occupants, ni que leur hébergement était encadré pour prendre le moins de risques possibles depuis longtemps ».

Depuis 2018 et ses premiers occupants, le Landy Sauvage a vu le nombre de personnes hébergées augmenter et s’était constitué comme un lieu ressource important pour les associations et les habitants du quartier, ainsi que comme un point d’appui des luttes en région parisienne. Sa fermeture se traduirait par une mise à la rue pure et simple de ses habitants. Le maire a ajouté qu’il se réservait « toutes voies légales » si la décision venait à ne pas être suivie d’effet.

Le collectif du Landy Sauvage avait pourtant fait savoir qu’il allait respecter cette décision prise par un juge d’exécution des peines en juillet 2020. Le laps de temps entre la prise de décision et son effectivité permettait au collectif de travailler à des solutions de relogement pour les personnes hébergées ainsi que pour le transfert des activités du squat. Mathieu Hanotin a donc choisi d’enjamber une décision de justice qui avait déjà statué de la durée de légalité de l’occupation. « C’est une décision politique de précipiter la fermeture, ou simplement la preuve d’une méconnaissance de notre fonctionnement ».

Ce peut-être aussi la preuve de l’incapacité des institutions politiques à imaginer que des habitants puissent, par l’auto-organisation, subvenir aux besoins d’habitants d’un quartier. Alors que la pandémie touche gravement le département de la Seine-Saint-Denis, que ses habitants sont durement touchés par la crise économique qui en découle, le Landy Sauvage est un lieu qui permet de rendre la crise moins douloureuse.

Samedi 27 mars prochain auront lieu de nombreuses manifestations en France pour le droit au logement, l’arrêt des expulsions et des remises à la rue.

A Saint-Denis, le rendez-vous est donné à 13h sur le parvis de la Mairie avant le départ de la grande manifestation à Châtelet. Soyons nombreuses et nombreux pour soutenir le collectif du Landy Sauvage et participer ensuite à la grande manifestation parisienne.




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