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Notre classe

Des moyens pour les services publics !

Soutenons la grève des services de réanimation le 11 mai pour de meilleures conditions de travail

Mardi prochain le 11 mai la CGT-Santé appelle à une grève nationale dans les services de réanimation pour exiger davantage de moyens et de meilleures conditions de travail. Travailleurs en première ligne des errances du gouvernement en matière sanitaire, ils dénoncent également le discours triomphant et irresponsable de ce dernier s’agissant du déconfinement plébiscité alors que la troisième vague est loin d’être terminée.

jeudi 6 mai

Crédit Photo : AFP

Malgré les annonces du plan de dé-confinement que dessine le gouvernement laissant entendre que la situation s’améliore, la réalité du terrain hospitalier est toute autre. Pour les soignants c’est surtout la crainte d’un plateau haut pendant tout l’été avant une 4ème vague à l’automne qui prédomine. Alors que le gouvernement a préféré les mesures liberticides et autoritaires plutôt que l’augmentation des moyens dans les établissements hospitaliers, les soignants souhaitent se battre à la veille de l’ouverture des lieux culturels et des terrasses pour de meilleures conditions de travail.

Ainsi, alors que des milliards sont versés aux grands capitalistes et que l’hôpital public demeure sans moyen face à la pandémie, la CGT-Santé appelle à une journée de grève nationale des services de réanimations et soins intensifs, et plus largement de tout l’hôpital. Le communiqué publié mardi par la CGT explique en ce sens que "cette journée est la conséquence de l’absence de réponse du gouvernement face aux difficultés rencontrées lors des différentes vagues de la crise sanitaire".

Entre la pandémie qui progresse et l’hôpital en sous-effectif, les services de réanimations sont particulièrement impactés. Ils sont en effet au centre des besoins de soins liés à la Covid, d’autant plus avec l’arrivée des variants dont le taux de propagation et de mortalité accrue menace pourrait davantage submerger les services de cas graves nécessitant des soins intensifs. En témoigne la saturation des chambres crématoires des hôpitaux, significative de la saturation des services de réanimation qui ne permet pas de prendre en charge de façon conséquente l’ensemble des malades.

Cette journée de grève nationale entend défendre la "bonification indiciaire" ainsi que "des effectifs suffisants et sous statut pérenne" et une “vraie reconnaissance de la pénibilité" des métiers exercés par les personnels des services de réanimation. En effet il est nécessaire de revendiquer l’augmentation des salaires et la fin de la précarisation des hospitaliers au travers de CDD, contrats intérimaires, externalisation : autant de processus qui pèsent autant sur la santé des soignants que sur la qualité des soins délivrés à l’hôpital public.

Casse de l’hôpital, Ségur : quel plan de bataille ?

Le Ségur de la santé avait cherché en juin à calmer la colère explosive des hospitaliers. Il s’agissait pour le gouvernement de cacher les conséquences des réformes néolibérales qui cassent l’hôpital public, auxquelles il a participé et continue de le faire à l’instar des suppressions de lits et de postes qui continuent. D’après la Drees (direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) 69 000 lits d’hospitalisation complète ont été supprimés ces 15 dernières années alors que les directions hospitalières et le ministère de la Santé demandent aux soignants d’augmenter leur capacité d’accueil des patients atteints du Covid mais aussi d’autres pathologies.

De ce fait les ratios augmentent, épuisent les équipes soignantes et engorgent les hôpitaux. "Il faut ajuster ces ratios, rien que cela nous permettrait de travailler plus sereinement, ce serait déjà énorme" explique Dominique Lorenzo secrétaire FO-Santé de Narbonne, en grève le 11 mai.

Le témoignages d’une hospitalière du CHU de Bordeaux nous rappelait l’hypocrisie du gouvernement vis-à-vis des soignants cristallisée dans le Ségur qui se poursuit. Augmentations de salaire dérisoires et spécifiques à certains services, primes tout autant divisées, alors que nous avons besoin de moyens pour tout l’hôpital, tous les hospitaliers, et à la hauteur de la crise.

En ce sens, il paraît nécessaire de se mobiliser le 11 mai après un an de crise sanitaire où ces travailleurs ont été en première ligne de la gestion catastrophique de la pandémie par l’exécutif. Hospitaliers et usagers, c’est un combat unitaire qu’il faut mener face à la casse des conditions de travail ses salariés et la casse du service public. Sans illusion sur les négociations des directions syndicales avec le gouvernement pour décrocher quelques miettes, il s’agit d’exiger qu’un plan de bataille à la hauteur de l’offensive menée contre les soignants par le gouvernement, et ce dans l’unité syndicale.

Les hospitaliers rejoints par les travailleurs de tous les secteurs doivent exiger un investissement massif dans l’hôpital public pour en finir avec la gestion criminelle que nous impose le gouvernement. Un véritable plan sanitaire nécessite des moyens matériels et humains, mais celui-ci ne peut être mis en place par un gouvernement qui fait passer les profits capitalistes avant nos vies.




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