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Politique

Lot d’attaques pour le 1er novembre

Taxes, contre-réformes : pas de trêve hivernale pour les attaques du gouvernement

Le 1er novembre un ensemble de contre-réformes porté par Macron entreront en vigueur, et vont dégrader davantage le niveau de vie de nombre de personnes, en particulier les plus précaires. À un mois du 5 décembre, Macron repart à l’offensive.

jeudi 31 octobre

Ce vendredi 1er novembre marquera l’entrée en vigueur de bon nombre de mesures des plus sévères, notamment sur l’assurance chômage, le tarif réglementé du gaz, et l’allocation adulte handicapé. Les attaques sont lancées tous azimuts et fragiliseront encore davantage les plus précaires. 

La plus sévère d’entre elles porte sur l’assurance chômage Les durées de cotisation, les indemnités et la dégressivité des indemnités seront touchées. L’objectif est simple, « faire des économies » sur le dos des précaires.
La durée de travail nécessaire pour ouvrir ses droits au chômage a été durcie. Jusqu’au 31 octobre, il fallait avoir travaillé 4 mois sur les 28 derniers mois, pour les toucher ; après la contre-réforme, il faudra avoir travaillé 6 mois au cours des 24 derniers mois. L’objectif annoncé par le gouvernement est clair : près de 5 milliards d’économie d’ici 2022, tout en ouvrant des droits aux démissionnaires, particulièrement encadrés et aux indépendants en liquidation judiciaire. 

L’ouverture du chômage aux démissionnaires est aussi pour le moins contraignante. En effet, il faudra avoir travaillé pendant 5 ans dans la même entreprise et justifier d’un projet de reconversion ou de création d’entreprise pour toucher une assurance chômage : la promesse de campagne de Macron était bien la carotte et sa réforme le bâton !
 
Avec l’arrivé de l’hiver, le gouvernement s’attaque aussi au tarif réglementé du gaz. En effet, les tarifs devraient augmenter d’au moins 3%. Ce chiffre est à mettre en parallèle avec l’importante précarité énergétique dans le pays. En effet, 12,1 millions de Français sont en situation de précarité énergétique, d’après le médiateur national de l’énergie . Cette augmentation est bien une attaque de plus du gouvernement qui s’inscrit aussi dans la mise en vente au privé préparée de EDF avec le plan Hercule, résultat de la destruction progressive du service public de l’énergie.
 
Dans la même veine, la revalorisation de l’allocation adulte handicapé, qui passe d’un très faible 860 euros à un très faible 900 euros pour une personne seule, ne concernera pas les handicapés vivant en couple. En effet, les revenus des deux conjoints seront pris en compte dans le calcul de cette aide, renforçant ainsi leur dépendance. Il convient aussi de noter que l’allocation adulte handicapé reste bien en dessous du seuil de pauvreté qui est, en France, à 1015 euros. 
 
Le prix des cigarettes augmentera également de 50 centimes, l’objectif assumé du gouvernement étant d’atteindre un prix du paquet de 10 euros en 2020, des augmentations graduelles dont le but est clairement économique et vaguement sanitaire, pour le discours.
 
Finalement, la CMU-C (CMU-complémentaire) et l’ACS (l’aide au paiement d’une complémentaire santé) vont fusionner pour former une complémentaire santé solidaire. Cette complémentaire restera gratuite pour les allocataires de la CMU-C mais deviendra payante pour les titulaires de l’ACS (moins de 1007 euros pour une personne seule). Le prix sera progressif avec l’âge.
 
En conclusion, toutes ces attaques auront un impact désastreux sur le niveau de vie de nombre de travailleurs, alors que les salaires n’augmentent pas. Prise en cumulée, l’offensive de Macron contre les plus précaires relève d’un acharnement sans nom. Après un an d’un mouvement des Gilets Jaunes qui avait été déclenché par une simple hausse des taxes sur le carburant, et alors que l’atmosphère sociale est explosive, comme l’a montré la journée de grève de la RATP en octobre, mais aussi la grève en cours dans plusieurs dépôts SNCF de région parisienne, il semble que le gouvernement joue un jeu dangereux.

Une hausse de la taxe sur l’essence avait déclenché le mouvement des Gilets jaunes. Une hausse du prix du métro au Chili et entre autres une taxe sur WhatsApp au Liban ont été l’étincelle de mouvements de masse, de même qu’en Irak c’est d’une dénonciation du chômage et de l’état des services publics qu’est partie la mobilisation. Il se pourrait que les attaques néo-libérales du gouvernement Macron mettent le feu aux poudres. De quoi se motiver à l’approche d’un 5 décembre qui pourrait aller très loin. 

Crédit photo : Philippe HUGUEN / AFP




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