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Politique

Gilets jaunes

Toulouse. Pour Moudenc « il est temps que ce mouvement rentre dans le Grand Débat national »

Interviewé sur CNews ce samedi 26 janvier, avant le début de l’acte XI, le maire de Toulouse livre son appréciation toute personnelle de la mobilisation des Gilets Jaunes. Entre soutien aux commerçants, aux forces de l'ordre, et sommation aux gilets jaunes de rentrer dans le rang, une interview qui vaut le détour…

samedi 26 janvier

Crédits photo : Eric CABANIS / AFP

Avant le début de la manifestation à Toulouse (« capitale de la contestation » selon La Dépêche), le maire de droite Jean-Luc Moudenc a encore une fois délivré sa vision anti-Gilets jaunes, en plusieurs étapes.

Moudenc ne veut pas être filmé pour recevoir des gilets jaunes. Des choses à cacher ?

Premièrement, la journaliste interroge Moudenc sur ces manifestants qui ont proposé de le rencontrer ce samedi. Pour rappel, un groupe de gilets jaunes toulousains avait pris l’initiative de proposer une rencontre au Maire, initiative qui ne faisait pas du tout l’unanimité dans le mouvement par ailleurs. Ceux-ci avaient ensuite proposé que cette rencontre soit filmée, par souci de transparence. Pas question pour Jean-luc Moudenc et son équipe, qui refusent que des images puissent « être réutilisées » ensuite…

Jouer les commerçants contre les manifestations, une vieille rengaine…

Déjà lors du tournant de fin 2014, après la mort de Rémi Fraisse, où les manifestations toulousaines tenaient lieu de laboratoire de la répression (manifestations interdites, nassées, réprimées), on entendait ce discours montant les commerçants contre les manifestants. Encore une fois, la mairie agite le spectre des « mois catastrophiques pour les commerces », s’élevant à plusieurs millions de dégâts et de perte de recettes (cette surenchère dans le discours avait aussi eu lieu contre le blocage de la fac du Mirail l’an dernier).

Face aux « casseurs », Moudenc vole aux secours des pauvres commerçants (avec l’argent public pour rappel) en annonçant des exonérations de taxes et de certains impôts, et appelle l’État à aller dans le même sens. Il propose aussi de manifester le dimanche, pour moins impacter l’économie.

Une logique qui voudrait invisbiliser totalement la contestation, et réduire l’impact de la mobilisation. En d’autres termes, manifester oui, mais sans se faire voir ni entendre.

Faire rentrer les gilets jaunes dans l’enfumage du « Grand Débat »

Comme Macron, Moudenc veut faire rentrer le mouvement dans le rang. « Il est temps que le débat prenne le pas sur la violence » a-t-il asséné. D’où le fait qu’il se dise ouvert à tout dialogue (mais pas filmé), et prêt à prêter des salles municipales (pour jouer le « grand débat » à l’échelle toulousaine).

A la question « Pourquoi la contestation est-elle si forte à Toulouse ? », le maire répond en tentant de stigmatiser la population toulousaine. Outre le fait qu’il y a une "tradition de contestation" (ce qui est vrai), il explique que "les extrêmes sont très présents ici", et notamment « l’extrême gauche très puissante » : les « zadistes, anarchistes, ultras » et… Mélenchon (sic).

Soutenir les « forces de l’ordre » contre les gilets jaunes

Enfin, alors que le mouvement est face à une répression brutale, qu’on ne compte plus les mutilés au flashball ou à la grenade, et que les forces de répression sont très remises en question (comme en témoignent les polémiques autour des LBD), Moudenc tente de les relégitimer comme il peut.
« Les forces de l’ordre font un travail formidable » explique-t-il au micro de Cnews.
Au moins, on se rend compte avec ce genre de phrase en quoi consiste réellement le travail des « forces de l’ordre » quand il est « formidablement » fait…

Au travers de cette interview, Moudenc s’affiche une nouvelle fois comme le meilleur chien de garde du gouvernement et de sa politique, avec son mépris coutumier pour la colère qui s’exprime depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville rose et ailleurs.




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