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Trump déploie des avions furtifs au Qatar, l’Iran relance l’enrichissement de son uranium

Chaque semaine, les tensions entre les USA et l’Iran grandissent dangereusement. Le Pentagone a annoncé le déploiement d’avions furtifs au Qatar faisant planer la menace de frappe sur l’Iran qui a annoncé qu’ils reprenaient l’enrichissement de leur uranium.

mercredi 3 juillet

Crédit photo : montage photo / AP Photo / Reuters / Danish Siddiqui

L’accord sur le nucléaire iranien ne tient plus. Un an après le retrait des Etats-Unis et la mise en place de nouvelles sanctions sur l’Iran, ces derniers ont annoncé qu’ils reprenaient l’enrichissement de leur uranium et ce jusqu’au 7 juillet afin de peser dans les négociations.

Le président iranien Hassan Rohani a précisé que le réacteur à eau lourde d’Arak sera relancé, lui permettant d’enrichir son uranium à plus de 3,67 %, limite imposée dans le Plan d’action global commun (PAGC). Le réacteur peut permettre à l’Iran de produire du plutonium à usage militaire. Rohani a prévenu, l’Iran restera dans le cadre de la PAGC seulement si les autres pays signataires s’y tiennent également.
Les stocks d’uranium enrichi ont dépassé la plafond symbolique de 300kg, fixé par l’accord de 2015. L’Iran a déclaré qu’il ne cherchait pas à avoir l’arme atomique. Rohani a expliqué ce choix comme une tentative de sauver l’accord sur le nucléaire et non pas de provoquer un conflit.

L’UE s’inquiète

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont fait part de leur « extrême préoccupation » suite à ces annonces. A Vienne, les représentants de l’Union européenne ont annoncé qu’ils avaient enfin achevé l’Instex. Programme sensé renforcer les accords entre l’UE et l’Iran qui ne sont pas concernés par les sanctions états-uniennes. Le but étant de convaincre la République islamique de ne pas continuer l’escalade.

Mais c’est loin de satisfaire l’Iran. Comme l’indique le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi « Pour qu’Instex soit utile à l’Iran, il faut que les Européens achètent du pétrole iranien ». L’économie iranienne souffre énormément des sanctions de l’administration Trump qui dépend en grande partie de ses exportations de pétrole. Avant le rétablissement des sanctions, l’Iran exportait 2,5 millions de barils par jour. Aujourd’hui elles sont tombés à 500 000 barils par jour, d’après Libération.

Macron et Merkel réunis au Japon pour le G-20, ont demandé à Trump de faire en sorte d’arrêter l’escalade de plus en plus dangereuse à laquelle jouent les USA et l’Iran. La réponse est cinglante « rien ne presse ».

Trump toujours dans la menace

Effectivement Trump n’a pas la tête à désamorcer la situation. Lors du G-20, le Pentagone a annoncé déployer des avions furtifs F-22 Raptor au Qatar dans sa base d’Al-Ouedeid, « pour défendre les forces et intérêts américains ».

Rohani a encore assuré que l’Iran pourrait revenir "en l’espace d’une heure" dans les limites fixées par l’accord de 2015, dont la Chine et la Russie sont également parties prenantes.

Trump a expliqué lundi que l’Iran jouait « avec le feu » après avoir affirmé que « les États-Unis et leurs alliés ne permettront jamais à l’Iran de développer des armes nucléaires ». Le but est continuer à mettre une « pression maximale » sur la République islamique.
Alors que fin mai le président états-unien a affirmé avoir annulé au dernier moment des frappes sur l’Iran, la menace se fait de plus en plus grande.
Le pouvoir iranien n’a pas tardé à mettre en garde les USA. « Si les États-Unis nous attaquent, il ne restera qu’une demi-heure de vie à Israël », a déclaré Mojtaba Zolnour, président de la Commission de la sécurité nationale et des affaires étrangères du Parlement iranien.

Ainsi, des deux côtés, à Washington comme à Téhéran, les menaces et les actions renforcent les tensions qui sont de plus en plus grandes. A force de tirer sur la corde de part et d’autre, il y a le risque de déclencher un conflit ouvert. Un tel conflit aurait des conséquences dramatiques, embrasant l’ensemble du Moyen-Orient, mais aurait un impact plus global notamment en impactant la distribution de pétrole. Si pour le moment une guerre est peu probable, on s’en rapproche toujours un peu plus.




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