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Monde

Guerre commerciale USA - UE

Trump taxe lourdement l’Europe

En réponse aux subventions illégales versées par les européens à Airbus, l'OMC a autorisé l’application de sanctions douanières à l’Europe. Dans la foulée, Trump est passé à l’action en surtaxant de nombreux produits, dont les avions Airbus de 10%.

jeudi 3 octobre

Ce mercredi 2 octobre, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé les États-Unis à imposer des taxes de 6,8 milliards d’euros par an sur les produits européens, en guise de dédommagement pour des subventions illégales accordées à Airbus. Il s’agit de la plus lourde sanction jamais imposée par l’OMC.

Washington n’a pas tardé à saisir l’occasion. Le représentant au commerce nord-américain a publié une liste de 150 catégories de produits qui auront des droits de douane supplémentaires dans deux semaines, dès le 18 octobre. Les premiers concernés sont les avions civils fabriqués par la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne - pays partenaires d’Airbus. Leurs taxes seront augmentées de 10 %. D’autres produits tels que les vins français et espagnols, l’huile d’olive espagnole, le whisky écossais, les draps et les couvertures britanniques, le café, les couteaux et les machines allemandes, seront surtaxés de 25 %, tout comme des produits agricoles ou agroalimentaires du reste de l’Union Européenne.

Nouvelle escalade ?

Néanmoins, les mesures prises par la Maison Blanche évitent une guerre commerciale aéronautique, étant donné que les États-Unis avaient été autorisés à fixer des surtaxes de jusqu’à 100 % de la valeur du produit. Cela est dû au fait que les compagnies aériennes américaines comme Delta, JetBlue ou American Airlines, se fournissent largement auprès de l’avionneur européen. Elles auraient été pénalisées, alors que ce que cherche le gouvernement américain est de défendre son industrie aéronautique. D’ailleurs, Boeing n’était pas en mesure de prendre le relais d’Airbus, après le scandale de ses 737 MAX, cloués au sol après le constat de défauts de fabrication.

Toutefois, cette décision historique de l’Organisation Mondiale du Commerce vient fermer un premier chapitre d’une bataille de 15 ans sur les programmes de soutien à Airbus et Boeing. Mais ce n’est qu’un chapitre du feuilleton. Début 2020, l’OMC doit fixer le montant des sanctions pour des subventions illégales octroyées cette fois-ci à Boeing, sous forme de crédits d’impôt, par le gouvernement américain.

Après cette victoire juridique, le président américain voit ses rêves d’en découdre avec l’industrie automobile allemande plus proches de la réalité. Donald Trump doit décider, d’ici le 13 novembre, s’il impose des droits de douane supplémentaires aux voitures européennes et aux pièces détachées. Restent à voir les mesures que la Commission Européenne va prendre pour riposter.

Tous ces exemples de larges aides publiques à des multinationales géantes montrent que les discours sur le « libre marché » n’est qu’une arnaque des gros capitalistes pour justifier des mesures économiques alimentant leurs profits. Ce sont donc les impôts payés par des millions de travailleurs qui financent ces montres industriels. En prenant ces mesures « protectionnistes » les différents gouvernements ne visent qu’à protéger les intérêts des capitalises nationaux. Les travailleurs n’ont rien à gagner dans ces guerres commerciales entre puissances impérialistes.




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