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Un gréviste RATP menacé de révocation a tenté de mettre fin à des jours

Et ce qui devait arriver arriva. Un mainteneur du centre bus de Vitry-sur-Seine a tenté aujourd'hui de se suicider en se coupant les veines. Ses jours ne sont plus en danger.

lundi 27 janvier

Publié sur le blog Médiapart de Wael Mejrissi

Et ce qui devait arriver arriva. Un mainteneur du centre bus de Vitry-sur-Seine a tenté aujourd’hui de se suicider en se coupant les veines. Ses jours ne sont plus en danger. Ce dernier fait l’objet d’une mesure disciplinaire pour avoir participé à des piquets de grève bloquants et chanté à l’adresse des collègues non grevistes la célèbre chanson "je n’aime pas les suceurs de b...". C’est en tout ce que fait apparaître la convocation adressée à l’agent de maintenance qui est passé en entretien le 13 janvier.

Les conseils disciplinaires pleuvent sur des grevistes qui ne sont pas encore au bout de leur peine. Les voilà donc engagés sur deux fronts : la bataille contre la réforme des retraites et une offensive encore jamais vue venant d’une direction prête à tout pour endiguer ce mouvement social qui dure depuis le 5 décembre. François, l’agent de maintenance au dépôt de Vitry-sur-Seine est sans doute le premier d’une longue liste d’agents qui risquent de passer à l’acte devant autant de pression managériale.

Le dépôt de Vitry est en pole position dans l’ouverture de cette chasse aux sorcières. Un bien triste record qui ne grandit pas son directeur alors que ce dernier est ouvertement accusé par les élus du personnel de piétiner le dialogue social pour ne laisser place qu’à une gestion des ressources humaines par la terreur. Ces élus, tous étiquetés CGT, sont également visés par des mesures disciplinaires pour les mêmes faits. Une bien étrange coïncidence que de viser des élus du syndicat le plus critique contre la réforme des retraites et peut-être en passe de faire tomber ce macabre projet.

Les grévistes de la RATP, en plus d’être usés et appauvris par une grève qu’ils se sont engagés à mener jusqu’à la victoire, nourrissent légitimement une immense amertume qui pourrait bien muter en un sentiment de haine s’ils continuent à faire l’objet d’un tel acharnement. Cela ne les empêchera pas en tout cas de chanter en chœur et main dans la main à chaque nouvelle mobilisation "et on ira...et on ira...et on ira jusqu’au retrait" car c’est bien la promesse qu’ils ont faite à leurs enfants et ils comptent bien la tenir.




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