^

Monde

Catastrophe capitaliste

Un tiers du Pakistan inondé et 1500 morts : le réchauffement climatique continue de tuer

Le Pakistan est en proie à des catastrophes climatiques depuis le début de l’été. L’inondation qui a impacté le pays a mis un tiers du territoire sous les eaux, causé près de 1400 décès et touché environ 33 millions de personnes. Une situation qui montre l’ampleur des désastres du réchauffement climatique sur les pays semi coloniaux.

vendredi 16 septembre

Credit photo : AFP

Depuis le début de l’été, le Pakistan subit de plein fouet les conséquences de la crise climatique. Après les vagues de chaleur, et la canicule, la population fait désormais face aux torrents de pluies. Selon une étude du World Weather Attribution, les inondations auraient causées près de 1400 décès et touché environ 33 millions de personnes.

Alors qu’un tiers du Pakistan est noyé, « la situation pourrait encore empirer, puisque le barrage qui retient le plus grand lac du pays menace de céder à tout moment » raconte France Info. Les digues du lac Manchar menacent de céder, et des canaux ont été créés dans la province du Sind pour détourner l’eau et éviter que de nouveaux villages finissent sous les eaux.

Si la montée des eaux dans les lacs est un phénomène naturel au Pakistan pendant la saison de la mousson, et qu’une fois tous les cent ans le pays fait face à d’importantes inondations, la situation est exceptionnellement grave. Plus de 30 milliards de dollars de dommages sont à décompter, notamment à cause de la destruction des champs de culture. Dans un article, Le Monde, interroge un agriculteur, « les champs de coton ont été entièrement détruits, ils ne donneront plus rien, alors nous faisons brouter les animaux ici, car ils n’ont plus d’herbe », constate-t-il. Alors que l’économie du pays repose principalement sur l’industrie textile et l’exportation de matières premières, c’est un véritable désastre.

Le réchauffement climatique en cause

Selon les chercheurs de WWA, qui ont comparé grâce à « 31 différents modèles » informatiques les données météos pakistanaises, il est fortement probable que le réchauffement climatique soit responsable de ces inondations. Les conclusions de l’étude sont claires : « certains modèles suggèrent que le changement climatique a augmenté jusqu’à 50% les précipitations totales sur cinq jours dans le Sind et le Baloutchistan ». Par ailleurs, ces phénomènes pourraient arriver de manière plus fréquente à cause de la crise climatique.

Friederike Otto, maîtresse de conférence pour le changement climatique et l’environnement à l’Imperial College de Londres, interrogée par la BBC, a affirmé que ces pluies torrentielles portent les « empreintes digitales » du réchauffement climatique. « Nos preuves suggèrent que le changement climatique a joué un rôle important dans cet événement, même si notre analyse ne nous permet pas de quantifier l’ampleur de ce rôle. Cela s’explique par le fait qu’il s’agit d’une région où les conditions météorologiques sont très différentes d’une année à l’autre, ce qui rend difficile l’observation des changements à long terme dans les données d’observation et les modèles climatiques » a-t-elle ajouté.

Selon la chercheuse, et l’étude de WWA, la situation de pauvreté du Pakistan est aussi responsable de la situation. En effet, la population était déjà vulnérable du fait de la mauvaise qualité des infrastructures des villes. Par ailleurs, ces inondations arrivent après des phénomènes d’importantes chaleurs, avec des températures jusque 50°C et en pleine crise économique, liée à la guerre en Ukraine. Cette situation ne vient pas de nulle part, comme nous l’écrivions en aout :

« Ancienne colonie britannique et encore fortement dépendant des puissances occidentales, le pays avait été contraint de consacrer 40% de son budget au remboursement de sa dette au FMI, l’empêchant alors d’investir cet argent dans les infrastructures nécessaires pour résoudre ces problèmes. Aujourd’hui, selon le ministre de la Planification et du Développement pakistanais, le pays aura besoin de plus de 10 milliards de dollars pour réparer les dégâts provoqués par cette catastrophe. Le FMI est déjà en train de réfléchir à un « plan d’aide » qui va assurément approfondir cette dette et enfoncer le pays dans le cercle vicieux de la dette. »

A l’échelle Internationale, le Pakistan est responsable de mois d’un pourcent des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, c’est la population de ce pays qui paie aujourd’hui le prix fort de la crise climatique. La situation au Pakistan montre bien que ce sont les populations les plus précaires qui vont subir de plein fouet les suites de la crise. Des millions de personnes ont perdu leur habitat et leur source de revenu au Pakistan, et sont obligés de fuir pour éviter les flots d’eau. 500 enfants seraient morts dans les inondations, et la situation n’est pas en train de s’améliorer. Alors que 100 entreprises sont responsables de 70% des gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement climatique, c’est à elles qu’il faut s’attaquer pour espérer une véritable transition écologique. Il est urgent de lutter contre un système, où les profits de quelques-uns causent la mort et la misère de milliers de personnes.



Mots-clés

crise climatique   /    Asie   /    Réchauffement climatique   /    Changement climatique   /    Impérialisme   /    Ecologie   /    Monde