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Politique

Grève des urgences

Urgences : après les fausses mesures de Buzyn, les grévistes veulent amplifier le mouvement

Les annonces du gouvernement ce lundi sont loin d’avoir convaincu les grévistes des urgences. Face à un plan vide de contenu, le collectif Inter-Urgences appelle à amplifier le mouvement.

mercredi 11 septembre

Des mesures loin d’être satisfaisantes

Le gouvernement a eu beau soigner l’emballage, en présentant un soi-disant « plan de grande ampleur », les grévistes du collectif Inter-Urgences ne s’y sont pas trompés. Aucun point ou presque de leur plateforme revendicative n’est satisfait par les annonces de Buzyn.

D’abord, le chiffre de 750 millions d’euros pour les urgences sur la période 2019-2022 annoncé par le gouvernement est un leurre puisqu’il s’inscrit dans un budget global constant. En d’autres termes, le gouvernement compte rogner sur d’autres secteurs de l’hôpital public pour financer son plan urgences, une manière de diviser les travailleuses et travailleurs de l’hôpital entre eux.

Le gouvernement cherche à évacuer la question financière en reportant la faute du débordement sur les usagers eux-mêmes ! « Nous n’envisageons pas à ce stade de mesures supplémentaires » a déclaré Sibeth N’Diaye, porte-parole du gouvernement avant de poursuivre : « Vous pouvez mettre autant d’argent que vous voulez, si on continue d’avoir une croissance irréfrénée du nombre de personnes qui passent aux urgences, le système ne peut pas supporter la charge et ne pourra jamais la supporter ».

Pour le gouvernement, il s’agirait surtout de réduire l’accès des patients aux urgences. Ainsi, Buzyn a-t-elle annoncé la création d’un « service d’accès aux soins » où l’on pourrait joindre un conseiller médical ou paramédical 24h/24.
Enfin, aucune annonce ne prévoit une revalorisation des salaires des soignants, une revendication phare des grévistes qui réclament, depuis le début, 300 euros de plus par mois.

6 mois de grève dans un contexte intenable pour les hospitaliers

Cette fin de non-recevoir du gouvernement a été accueillie fraîchement, comme on pouvait s’en douter, par les grévistes. Cela fait bientôt 6 mois que le mouvement a été lancé et il se déroule dans 250 établissements selon un recensement fait par le collectif Inter-Urgences, preuve des conditions de travail insoutenables qui règnent dans les hôpitaux.

Et ce constat risque encore de s’aggraver dans les années à venir. Selon le président du collectif, Hugo Huon : « Ce sont aujourd’hui les personnes âgées, les malades psychiatriques et les pauvres qui trinquent, mais bientôt ce sera tout le monde. L’État cherche à diminuer les dépenses publiques et l’hôpital est la variable d’ajustement. »

La CFDT applaudit, les grévistes appellent à amplifier le mouvement

Néanmoins, si les annonces du gouvernement sont au mieux cosmétiques, au pire une provocation, elles semblent avoir contenté le numéro un de la CFDT. Laurent Berger, considère qu’ « on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé », même s’il « manque beaucoup de choses », notamment « sur la reconnaissance professionnelle » et « la question des lits supplémentaires ». Des annonces scandaleuses qui sont dans le droit fil de l’accompagnement complice de la direction de la CFDT de la réforme des retraites, d’autant plus que les hospitaliers seront aussi touchés par la réforme.

Le collectif Inter-Urgences appelle à continuer le mouvement, et même à l’amplifier, pour entraîner d’autres secteurs hospitaliers. Christophe Le Tallec, vice-président appelle « l’ensemble de nos collègues à se mettre en grève avec nous ». Il appelle à organiser des « rassemblements locaux » le 26 septembre, en attendant de fixer une « date de mobilisation nationale ». Il pourrait également y avoir une convergence avec les pompiers qui organiseront leur propre manifestation nationale le 15 octobre. Peter Gurruchaga, de la CGT pompiers, s’est dit « ouvert à un mouvement commun avec les hospitaliers ».

Une dynamique de convergence qui doit s’amplifier, contre la logique de partition des dates et des secteurs qu’essaye d’organiser la direction de la CGT. Dans le secteur public, la colère gronde et la journée de grève qui aura lieu, ce vendredi, à la RATP s’annonce avec de forts taux de participation. La réforme des retraites pourrait être l’occasion de lancer un front public-privé qui ne s’est pas vu depuis plusieurs années et plus que jamais nécessaire face à l’ensemble des attaques de Macron.

Crédit Média : RTL




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