^

Politique

L’aide aux migrants n’est pas un crime

Victoire : Après 5 ans de procédure, Cédric Herrou relaxé

Le 31 mars, après 5 ans de procédure, Cédric Herrou a été relaxé vis-à-vis des faits qui l’ont amené devant la justice en 2016. Il lui était notamment reproché d’avoir aidé des migrants à s'installer dans un centre de vacances désaffecté. Cette décision de justice est un camouflet pour le parquet de Lyon ainsi que pour l’exécutif et sa politique raciste.

jeudi 1er avril

Crédits photo : Valery HACHE/AFP

Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya dans les Alpes, est certainement la principale figure de l’aide aux migrants en France. Cette vallée se trouve sur le chemin qui va de Vintimille en Italie à la France, point de passage des plus importants pour les migrants qui arrivent de la péninsule. En 2016, Cédric Herrou est poursuivi pour avoir aidé une soixantaine de migrants à s’installer et à survivre dans un camp de vacances désaffecté. Ces poursuites ont été menées par l’État au titre de la loi de Décembre 2012 qui criminalise l’aide aux migrants.

Cette relaxe fait suite à 5 ans de lutte judiciaire et légale importante. En première instance, Cédric Herrou avait été condamné à une amende de 3 000 euros. En appel, sa peine avait été augmentée de 4 mois de prison avec sursis. Le point central de cette lutte se situe en juillet 2018, avec une question prioritaire de constitutionnalité au conseil constitutionnel. De façon pour le moins surprenante, la loi de 2012 a été déclarée anticonstitutionnelle. En particulier, elle a été déclarée opposée à la « fraternité » qui fait parti de la devise de la République française. Cette décision poussera l’Assemblée nationale à voter une nouvelle loi actant l’immunité des personnes qui aident les migrants dans un but purement humanitaire. Cette décision a de fait supprimé les charges contre Cédric Herrou ; cependant, comme il le souligne, "Le ministère public a voulu mettre tout en oeuvre pour dire qu’il avait été jusqu’au bout, c’est une position politique plus que pénale de sa part"

La suite de la procédure a été menée par le parquet de Lyon, au cours de laquelle il a été relaxé. Puis vient l’appel à la cour de cassation, où le parquet a finalement été débouté. Cédric Herrou est donc définitivement innocenté vis-à-vis des faits de 2016, mais reste sous le coup d’une procédure pour avoir conduit des migrants de la vallée de la Roya à Menton afin qu’ils puissent faire leurs démarches administratives.
« »
Ce jugement acte la fin du « délit de solidarité » qui permettait de poursuivre les personnes aidant les migrants : « Malgré l’acharnement du parquet, le principe de fraternité trouve aujourd’hui sa pleine application. Les juges ont su porter haut ce principe contre l’avis des parquets qui voyaient en Cédric Herrou le symbole de l’assistance organisée aux réfugiés en difficulté »

Dans une période où le gouvernement pousse à fond sa réthorique raciste et islamophobe, une telle décision de justice s’avère être un camouflet.




Mots-clés

Racisme d’État   /    Cédric Herrou   /    Migrants   /    Immigration   /    Politique