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Vinci Autoroutes fiches les employés « fainéants » ou « grévistes »

Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise est épinglée pour le fichage de ses salariés. Un fichier démontre qu’à son tour Vinci Autoroutes, fiche sur les engagements syndicaux, mais aussi sur la vie personnelle.

samedi 8 février

Une pratique bien qu’illégale mais qui parait pourtant très en vogue dans certaines entreprises, ce fichage de Vinci Autoroutes n’étant pas le seul exemple. En 2017, c’est l’entreprise Leroy Merlin et sa plateforme logistique de Valence qui avait été mis sur le banc des accusés. Le fichage systématique des intérimaires faisait état de commentaires pour le moins écœurant : « boulet », « beurk », « feignasse », « mou du genou », « branleur » ou encore « décès dans sa famille ». Une liste non-exhaustive qui ne pourrait être retranscrite dans son intégralité ici, et qui pourraient être complétée par les affaires du même ordre telles que celles de Radio France, la RATP, Ikea, France Télévisions ou encore à la SNCF.
La pratique a de quoi choquer et plus encore chez Vinci Autoroutes. Et pour cause, car à côté des commentaires sur le travail de ses salariés, se retrouvent des informations très personnelles telles que « problème perso. Suicide mari ??? Enfants pas stables… », « souci d’alcool », « maladie : cancer. Ne reviendra peut-être pas ». Ce fichier, serait actuellement géré par la direction des ressources humaines de l’entreprise. Pas une once de gêne ne semble émaner de ces écrits, où l’on peut parfois y voir stipuler également les relations entre les différents salariés ou leur appartenance à des syndicats. Comme à leur habitude les directions de ces entreprises nient en bloc ces accusations, même devant l’évidence.
De son côté, la CGT des Autoroutes du Sud de la France (CGT ASF) réfléchit aux possibles poursuites judiciaires qu’elle pourrait mener. Selon l’avocate, Marie-Laure Dufresne-Castets, «  ces pratiques s’inscrivent dans le cadre d’une exigence de « savoir être » évoqué de plus en plus souvent pas les employeurs ». Une exigence pouvant touché jusqu’à l’intime du salarié, et participant à la dévalorisation morale de celui-ci.
Le fichage et les histoires de harcèlement managériales s’amoncellent ces dernières années. Si la défense des représentants de ces entreprises, citées plus haut, est de nier en bloc, il est certain que ces affaires mises en lumière ne sont pas des cas isolés. Et ces méthodes de déshumanisation du rapport aux travailleurs ne seraient-elles en voit de banalisation ou déjà même généralisées ?

Crédits photo : Reuters/Régis Duvignau Thomson




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