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Notre classe

"Ce qui touche les cheminots, touche tous les secteurs"

Grève SNCF : Repas solidaire à Saint-Denis pour les cheminots grévistes !

Ce sont un peu plus de 250 personnes qui ont partagé un moment de convivialité et de lutte ce jeudi midi sur le parvis de la gare de Saint-Denis. Les cheminots en grève de Gare du Nord avaient organisé un repas solidaire avec les anciens grévistes d'Onet et convié l'ensemble des secteurs en lutte à se joindre au repas de soutien. Des étudiants, des cheminots de différentes gares parisiennes, Assa Traoré du collectif la vérité pour Adama, ainsi que le soleil étaient au rendez-vous.

Les cheminots de Paris Nord en grève reconductible ont invité ce mercredi tous les soutiens à venir à un repas solidaire sur le parvis de la gare de Saint Denis (RER D) à 13h. L’occasion pour les cheminots grévistes de différentes gares parisiennes de se retrouver et de tisser des liens au delà de leur propre gare. Une invitation à laquelle les grévistes de région parisienne ont répondu. Ainsi, sur le parvis de la gare, autour d’un barbecue organisé par les cheminots avec l’aide de quelques étudiants, ce sont des cheminots de Saint-Lazare, de Paris Est, Austerlitz, du Landy, de Paris Nord, de Châtillon, du Bourget, qui ont pu se retrouver et discuter notamment de leurs assemblées générales respectives qui avaient lieu le matin même. Lors des prises de paroles, Rachid, de l’Atelier de Châtillon, s’est adressé aux cheminots de Paris Nord partis en reconductible : "On veut vous suivre. La grève perlée est fatigante. Il faut la reconductible tous les jours". Les cheminots présents de Paris Est et de Saint-Lazare, dans la même ligne, s’accordaient sur la nécessité de "durcir le ton", de construire "un mouvement d’ensemble". Bastien, cheminot de Saint-Lazare, a expliqué que selon lui "dans toutes les gares les cheminots sont prêts à se battre mais il faut les moyens".

Bastien, comme d’autres, étaient venus il y a quelques mois sur ce même parvis en soutien aux grévistes du nettoyage de l’entreprise ONET, sous-traitant de la SNCF et victorieux après 45 jours de grève. Ces derniers avaient fait plier, en reconduisant leur grève jour après jour, ONET et la SNCF. Une victoire et un exemple de taille pour les cheminots aujourd’hui. Les salariés de la sous-traitance étaient en grève le 22 mars dernier contre le Plan Spinetta qui aura des conséquences directes sur ces travailleurs du rail particulièrement précaires. Ce sont les travailleuses d’ONET, devenues des figures de la grève de 45 jours, qui ont pris la parole en premières pour s’adresser aux cheminots et les encourager à partir en reconductible. Dans ce sens, Fernande Bagou a tout de suite donné le ton en déclarant "si on veut la grève, faut la grève continuelle" et en interpellant les cheminots "si on a pu tenir, pourquoi pas vous ?". Oumou Gueye a tenu à rappeler que sans les cheminots, les grévistes d’ONET n’auraient pas pu remporter leur grève, eux pour qui c’était la première grève. Aujourd’hui pour la bataille du rail, Oumou et ses collègues sont "devant et derrière les cheminots (...) ce qui touche les cheminots, nous touche, touche tous les secteurs". Un message fort pour se rappeler qu’il est possible de "faire tomber Macron comme Onet, comme la SNCF".

Comme lors de la grève d’ONET, où plusieurs repas solidaire avaient été organisés pour notamment récolter de l’argent pour la caisse de grève, les salariés d’ONET ont préparé le barbecue pour les cheminots et personnes venues ce mercredi midi en soutien. Environ 1 500 euros ont étaient récoltés en quelques heures pour la grève du rail ! C’est également Assa Traoré et Youcef Brak, du collectif la vérité pour Adama, qui étaient présents, eux qui aussi avaient apporté leur soutien à la lutte des grévistes d’ONET. Assa Traoré a réitéré son soutien aux travailleurs du rail qui pour beaucoup subissent le racisme d’Etat, et seront touchés en premier par la précarisation de l’emploi. Elle a appelé à la solidarité des usagers et à cibler les bons ennemis : la SNCF, l’Etat et sa justice.

Quelques jours auparavant, Assa Traoré était également à Tolbiac, Paris 1, fac occupée par les étudiants contre le plan étudiants, qui étaient plusieurs au repas. Des liens, lutte après lutte, se tissent entre les militants contre les violences policières et le racisme d’état, les cheminots et les étudiants. Ces derniers se sont joints aux dernières manifestations des cheminots et se rendent régulièrement dans leurs assemblées générales, et sont convaincus que cette convergence étudiants-cheminots est précieuse et centrale pour gagner. A ce titre, Baptiste de Paris VIII, fac mobilisée et bloquée, a insisté sur le fait que "le vrai levier d’action c’est les travailleurs". Les étudiants de Tolbiac et Paris VIII ont invité les travailleurs à venir les voir sur leur fac comme cela s’est fait samedi dernier où les étudiants mobilisés de Tolbiac ont organisé une soirée lors de laquelle 6 000 euros ont été récoltés pour les cheminots !

Ce repas solidaire était un moment convivial qui a permis aux différents secteurs mobilisés de continuer de tisser des liens, d’échanger, en ce jour de grève pour les cheminots. Ils se retrouveront tous et toutes demain à la manifestation nationale interprofessionnelle pour défiler tous ensemble contre le gouvernement Macron !

Crédits photo : Ô Phil des contrastes




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