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Notre classe

Contre l’école de la confiance

30 mars : l’éducation (enfin) dans la rue !

Après un 19 mars qui a vu les enseignants se mobiliser en nombre pour la défense du service public, les organisations syndicales appellent à une mobilisation le samedi 30 mars prochain contre l’école de la confiance de Blanquer.

lundi 25 mars

Contre l’école de la confiance

La loi Blanquer sur l’école de la confiance suscite au minimum du scepticisme, au mieux un ras-le-bol généralisé tant sur le contenu de cette contre-réforme que sur la méthode qu’emploie le ministre de l’éducation nationale. En effet, les attaques sont nombreuses entre la réforme du lycée et du bac, l’ouverture des maternelles au privé et la formation des futurs enseignants qui se dégrade de plus en plus.

Les réformes engagées dans l’éducation ne sont que le prolongement de celles qui frappent de plein fouet la fonction publique, avec les suppressions de postes massives que le gouvernement entend réaliser d’ici à 2022 : 120 000 fonctionnaires en moins dont 50 000 rien que dans l’éducation nationale.

L’école de la confiance que prône Blanquer est plutôt celle de la défiance voire de la sélection sociale la plus ouverte, dans la continuité de ce que Parcoursup a instauré l’année dernière. La loi Blanquer commence par un cadeau au privé en abaissant l’âge minimal obligatoire de scolarisation à trois ans, ouvrant un boulevard à la subvention des écoles privées sous contrat qui vont accueillir les jeunes enfants. La réforme est également particulièrement néfaste pour la formation des enseignants dans la mesure où elle entérine une précarisation du travail en offrant des contrats de pré-recrutement dès la deuxième année de licence payés une misère. Dans l’optique générale de la réforme, la formation des futurs enseignants vise à réduire le métier à une simple tâche d’exécution et à remettre en cause la liberté pédagogique. Enfin, la réforme du lycée et du bac, en supprimant les filières, donne libre champ aux jeunes pour entrer dans le monde de la compétition et d’une détermination précoce de leur avenir, qui se fera de toute façon à l’avantage des plus aisés.

Les directions syndicales enfin dans la bataille ?

Les organisations syndicales de l’enseignement, FSU, UNSA-Education, CGT-Education, SGEN-CFDT, SNALC, appellent donc à une manifestation samedi prochain pour s’opposer à la réforme de Blanquer. En profitant de l’élan donné le 19 mars, et du regain de mobilisation chez les Gilets jaunes, c’est le moment de peser sur un gouvernement largement discrédité par la violence de la répression qu’il fait subir aux Gilets Jaunes chaque samedi depuis 19 semaines maintenant.

Toutefois, cette entrée tardive en scène ne se fait pas sous le signe de la convergence avec le mouvement des Gilets Jaunes qui en sera à son 20ème acte le samedi 30. Une telle volonté de se tenir à l’écart des Gilets jaune, de ne pas dépasser les logiques de dispersion à l’image de la pratique des journées saute-moutons, montre encore une frilosité à s’engager dans un rapport de force franc et à sortir des illusions du « dialogue social ». De plus on ne peut que regretter l’absence d’appel à la grève reconductible, seule à-même de faire reculer un gouvernement qui persiste à vouloir avancer à marche forcée dans ses réformes.

Crédits photo : PHILIPPE LOPEZ / AFP




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