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A Lyon, des élus EELV et LFI cassent la grève des agents municipaux contre une loi macroniste

Alors que les fonctionnaires territoriaux de la ville de Lyon luttent contre les conséquences de la réforme de la fonction publique, la majorité composée de EELV, du PS et de LFI a modifié les modalités du droit de grève pour casser le mouvement.

mercredi 1er septembre

Crédit photo : L’hôtel de ville de Lyon, place des Terreaux, en 2011. (MAURICE SUBERVIE / ONLY FRANCE / AFP)

Comme dans un certain nombre de collectivités territoriales depuis un an, un mouvement d’ampleur se prépare chez les fonctionnaires territoriaux de la ville de Lyon. En cause : la mise en place de la réforme de la transformation de la fonction publique territoriale, remettant en question une partie des acquis sociaux des agent de la ville notamment termes de temps de travail et de congés payés.

Cette mesure du programme de Macron, portée par Gerald Darmanin lorsqu’il était Ministre de l’action et des comptes publiques implique notamment la suppression de régimes dérogatoires aux 35 heures existant dans certaines collectivités territoriales notamment par la suppression de congés payés. Depuis le vote de cette réforme en 2019, les collectivités sont tenues de la mettre en œuvre d’ici janvier 2022.

Portées par la nouvelle majorité écologiste de la ville de Lyon, ces mesures passent mal du côté des agents de la ville qui voient un certain nombre d’acquis sociaux remis en cause. En effet, c’est concrètement 3 jours de congés payés qu’ils risquent de perdre. « Deux de ses jours ont été conquis suite au mouvement de Mai 68. Le troisième c’est ce qu’on appelle le « jour du maire » : un jour supplémentaire offert aux agents », explique Vincent Gras, secrétaire général de la section CFDT de la Ville de Lyon  » à Rue89Lyon

S’ajoute à cela la suppression de plusieurs autres journées de repos occasionnelles octroyées jusqu’alors après plusieurs dizaines d’années de service, ainsi que celle d’une demi-heure journalière pour les femmes ayant au moins deux enfants à charge.

Face à cette attaque, qui plus est portée par des élus issus de la France Insoumise, des écolos et du PS, les syndicats réunis dans une intersyndicale large ont annoncé dès le mois de juillet leur intention d’appeler à une grève du 30 août au 3 septembre pour s’opposer à cette casse sociale.

La majorité écolo-FI casse la grève des agents

Coup de théâtre, à peine une semaine avant le début de la grève, la majorité municipale a envoyé une note de service signée par la direction générale. Elle signale plusieurs modifications du droit de grève. Parmi ces mesures, l’obligation de prévenir de la mise en grève 24h à l’avance au lieu de 48h, mais surtout l’annonce de la perte de de la journée entière de salaire pour la moindre heure non travaillée. « La possibilité de faire grève une heure permet aux salariés qui ont de petits salaires de revendiquer leurs droit. On a l’impression que c’est se mettre en grève à moindre frais mais ce sont des gens qui ont des petits salaires pour qui même une heure c’est déjà un sacrifice », explique Filomène Pitinzano, secrétaire générale de l’UNSA territoriaux à la ville de Lyon au média Rapports de force qui a sorti l’information.

Adjoint à la « promotion des services publics » (il s’agirait d’ailleurs de renommer sa délégation), l’élu France Insoumise en charge de la mise en place de cette réforme, Laurent Bosetti, justifie ces modifications du droit de grève par la continuité du service public.

Pour les syndicats, c’est la douche froide, car le mouvement est perturbé par la note de service, obligeant un certain nombre de salariés à renoncer à se mettre en grève. De plus, comme le dit Sébastien Douillet, secrétaire général de la CGT vile de Lyon, « Les salariés sont perdus ! Ils ne savent plus s’ils doivent faire une heure de grève ou un jour, ni quand la déclarer. Dans toute cette confusion, mobiliser est bien plus difficile ».

Cette mesure aura pour conséquence directe de réduire les effets de la grève, empêchant à un certain nombre de salariés des cantines de pouvoir participer au mouvement par un débrayage au temps de midi. Empruntant au pire de la rhétorique macronienne, Laurent Bosetti justifie : « Dans les cantines, une seule heure de grève posée à midi par quelques agents suffit à paralyser le service. Les parents sont obligés de venir chercher leurs enfants à l’école, ce qui coupe leur journée. Ils sont à bout, se sentent pris en otage et nous envoient des lettres de plaintes et des pétitions. Certains nous disent qu’ils vont envoyer leurs enfants dans le privé, d’autres qu’ils risquent le licenciement à force de manquer le boulot », assure-t-il.

Contre la réforme de Macron et ceux qui la soutiennent à droite, au PS, ainsi que chez les écolos en passant par les insoumis, nous soutenons vivement les agents de la ville de Lyon face à la casse du service public et de leur droit de grève. Pour se faire entendre de la Mairie, c’est le rapport de forces qu’il faudra continuer de construire par la grève tout en maintenant l’unité de l’ensemble des agents contre l’attaque portée par la Ville, et donc EELV et la FI, pour diviser le mouvement.




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