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APL : le gouvernement se félicite d’avoir économisé « 1,1 milliards d’euros » sur le dos des précaires

Le gouvernement a annoncé avoir fait 1,1 milliards d'économies avec la réforme des APL… une fois de plus sur le dos des étudiants et des familles les plus précaires qui doivent déjà faire face à l'augmentation du coût de la vie.

vendredi 12 novembre

PHILIPPE HUGUEN / AFP

La réforme des APL entrée en vigueur le 1er janvier 2021 a permis à l’État d’économiser 1,1 milliards d’euros sur le dos des plus précaires. Selon la caisse nationale d’allocation familliale, près de 30% des allocataires, soit 1 789 de personnes, ont subit une baisse d’environ 73€ de leurs APL et 6,6% d’entre eux les ont vu totalement disparaître. De nombreuses familles ont été touchée par cette baisse drastique des APL et se retrouvent coincées entre l’augmentation significative du gaz, de l’essence, mais aussi du coût de la vie en général avec le total des tickets de caisse qui, pour certains, doublent presque de prix.

L’annonce triomphante de la ministre déléguée chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, qui se félicite de l’économie de 1,1 milliards d’euros s’inscrit dans la politique de réductions des allocations pour les plus précaires mise en place par le gouvernement, largement déclinée dans le discours de Macron mardi soir.

En première ligne de cette attaque, on retrouve les jeunes. Selon une étude de l’Union Nationale pour l’Habitat des Jeunes en 2021, 39% d’entre eux sont touchés par les baisses d’aides au logement, soit 11% de plus qu’en 2020. Ils sont plus touchés, mais aussi plus fortement puisque la baisse tombe à 118€ en moins contre 90€ en 2020. Les jeunes actifs, ceux qui étaient en première ligne face au Covid lorsqu’ils allaient travailler pendant que tout le monde restait en sécurité chez soit, sont remerciés par une baisse des APL de 95€ par mois. Les jeunes demandeurs d’emploi, indemnisés ou non sont aussi concernés, le gouvernement n’a définitivement aucun remord à faire des économies en précarisant les plus précaires.

Cette baisse s’ancre dans la politique entièrement tournée vers le patronat et les plus riches : avec l’augmentation des loyers, des charges de plus en plus élevés, tout en faisant des cadeaux aux plus riches avec la suppression de l’ISF ou les nombreuses subventions accordées aux grandes entreprises pendant la crise sanitaire, alors que les patrons continuaient de s’enrichir.

À rebours des politiques austéritaires il est nécessaire de mettre en place une allocation universelle à la hauteur du SMIC pour toutes celles et ceux qui se retrouvent sans revenus ou avec des pertes considérables pour que chacun puisse vivre et étudier dignement.




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