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Politique

Pas de justice, pas de paix

Affaire Adama. Trois nouveaux juges parisiens pour reprendre l’affaire en main

Après toutes les tentatives pour noyer l'affaire Adama Traoré, en floutant le t-shirt de soutien de Black M sur W9, en condamnant à de la prison ferme les frères d'Adama, Youssouf et Bagui, la mobilisation aura porté ses fruits. Le procès destiné à mettre en évidence la cause de la mort d'Adama le 19 juillet 2016 dernier, a été dépaysé à Paris et trois juges viennent d'être nommés pour enfin établir la vérité sur cette bavure policière. Boris Lefebvre

vendredi 23 décembre 2016

« La désignation de trois magistrats pour instruire cette affaire est une excellente nouvelle car de très nombreuses investigations vont être nécessaires tant l’instruction menée à Pontoise a été désastreuse », a déclaré Yassine Bouzrou, avocat de la famille Traoré. C’est une autre victoire qui vient s’ajouter au dépaysement du procès de Pontoise à Paris que la famille Traoré avait réussi à obtenir. Et ce n’est pas seulement un magistrat mais bien trois qui ont été dépêchés sur cette affaire qui met si bien en lumière la violence structurelle de la police. Ils ne seront, en effet, pas de trop pour reprendre, depuis le début, une instruction que l’avocat de la famille Traoré n’hésite pas à qualifier de « catastrophique ». Rappelons que la plainte porte sur les motifs suivants : « faux en écriture publique aggravés, dénonciation calomnieuse, modification de scènes de crime ». Autant d’éléments que le procureur de Pontoise, Yves Jannier, n’avait pas jugé bon de relever.

Plus d’un moi après la marche organisée le 5 novembre pour obtenir justice et vérité pour Adama, les paroles d’Assa Traoré, « le combat qu’on mène, on le mène aussi contre l’État. Et il doit prendre ses responsabilités », prononcées à la suite de la manifestation, prennent une signification nouvelle. En effet, la pression médiatique intense depuis cet été et la répression violente des rassemblements devant la mairiede Beaumont-sur-Oise n’auront pas eu raison de la détermination de la famille Traoré, bien au contraire. La mobilisation contre ce que Lassana Traoré nomme justement l’affrontement avec « l’appareil d’Etat » finit par payer à obliger la justice à enfin entendre les victimes.




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