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Notre classe

5 décembre

Ahmed, agent RATP : « Si on fait grève pendant 3 semaines, le gouvernement va faire marche arrière ! »

Chauffeur de bus RATP et élu CGT, Ahmed est passé en entretien disciplinaire ce mardi, entouré de nombreux soutiens. Les prochaines semaines diront si la direction prendra le risque de continuer à souffler sur les braises de la colère des agents de la RATP, ou si elle retirera sa menace de révocation. En attendant, la grève du 5 décembre se prépare...

vendredi 15 novembre

« J’espère que le 5 décembre sera notre 95 à nous ! » s’exclame Ahmed dans cette vidéo qu’il adresse à nos lecteurs, invitant à préparer une grève d’ampleur à partir du 5 décembre. Alors que la direction de la RATP tente de faire rentrer ses agents dans le rang en s’acharnant contre 5 élus du personnel, le résultat est tout autre. Pour chaque entretien disciplinaire, les agents ont répondu nombreux au rendez-vous pour soutenir leurs collègues. Ce mardi, c’était au tour d’Ahmed Berrahal, élu CSSCT au CSE2 de la RATP Bus, d’être convoqué. Dès 5h du matin, ses collègues se sont rassemblés autour d’un brasier devant le dépôt de bus de Pantin. Ils ont été rejoint plus tard par de nombreux soutiens dont Bastien Lachaud, député LFI, et Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière. La députée PCF Marie-Georges Buffet avait quant à elle adressé un courrier à la PDG de la RATP, lui intimant de cesser les poursuites contre ses agents.

« On n’est pas des voyous, on est des syndicalistes ! » s’est exclamé Ahmed, dénonçant l’acharnement de sa direction qui « veut [sa] tête depuis 16 ans » et a déjà engagé plusieurs procédures à son encontre, toutes déboutées aux prud’hommes. La dernière en date lui avait valu 5 jours de mise à pied en 2018, sur une accusation ridicule d’avoir « utilisé de manière abusive la plateforme collaborative Tribus [messagerie interne de la boîte] du département Bus à des fins de propagande syndicale », et pour des soi-disant « propos menaçants ». Manque de bol, la direction de la RATP vient à nouveau de perdre aux Prud’hommes, déboutée sur ces 2 points, ce qui lui vaut l’humiliation de devoir débourser, en plus des 614€ de retenues de salaire, 900€ de frais d’avocat et 1000€ au titre du préjudice moral. Une victoire qui ne peut que conforter Ahmed et ses collègues dans leur combat.

D’autant plus que l’amertume est grande : « On n’a pas peur d’eux, c’est eux qui ont peur de nous ! Ils comptent nous vendre avant 2020 mais c’est nous qui allons vendre la direction ! Nous on conduit et eux ils sont au chaud. Eux ils touchent un bon pognon, nous des clopinettes. Alors on va arrêter de travailler pour eux, maintenant c’est eux qui vont travailler pour nous ! On va pas se lâcher et on va pas se soumettre, on va continuer à contrôler leur bus ! » s’exclamait Ahmed sous les acclamations avant l’envahissement du conseil de discipline. « Si la direction pense que je vais me rabaisser parce qu’on m’attaque, je vais pas me rabaisser... » confirme t-il plus tard.

« C’est le 5 décembre qu’on va leur faire peur ! »

Mais Ahmed est bien conscient que le problème ne se limite pas à la RATP : « Une pensée pour le petit jeune qui s’est immolé, pour la directrice d’école de Pantin qui s’est suicidée... c’est ce mal-être qu’il y a aujourd’hui, où les gens n’ont plus d’argent. On vit dans un monde où les gens n’ont plus à manger ». Pour lui, la solution se trouve dans un tous ensemble contre Macron et son monde : « Je lance un message à tout le monde, c’est le 5 décembre qu’on va leur faire peur. Macron c’est lui qu’il faut faire dégager, on veut plus de salaire, plus de respect pour les ouvriers, les salariés, et ça c’est le 5 décembre qu’on va crier notre colère dans la rue ! J’espère que le 5 décembre sera notre 95 à nous ! Si on fait grève pendant 3 semaines, le gouvernement va faire marche arrière ! »

Un 3e élu CGT RATP au CSE2, Hassan Hemmouch, est convoqué en entretien disciplinaire mardi 19 novembre au dépôt de bus de Saint-Denis. La CGT appelle à nouveau à le soutenir :




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