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Sous-traitance aéronautique

Grève à AAA : après 2 jours de grève, les salariés de l’aéronautique arrachent 500 euros de prime

Après seulement deux jours de mobilisation, les salariés du sous-traitant aéronautique AAA ont obtenu 500 euros de prime et le paiement des jours de grève. Une première victoire pour les grévistes qui redonne confiance à l'approche des négociations sur les salaires.

Rafael Cherfy

9 décembre 2022

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Piquet de grève AAA le mercredi 7 décembre à Toulouse / Crédits photos : Révolution Permanente Toulouse

Mardi 6 décembre, les salariés de 9 sites du sous-traitant aéronautique AAA sont entrés en grève pour une prime PPV (prime de partage de la valeur) de 1 500 euros. Une grève nationale très suivie reconduite dès le lendemain sur plusieurs sites. A Toulouse, les grévistes étaient plusieurs dizaines à s’être réunis dès 8 heures devant le siège de l’entreprise pour le deuxième jour de grève.

Preuve d’une direction sous tension, le directeur régional est venu dès le matin face aux grévistes pour agiter des menaces : « la boite qui pourrait couler à cause des pénalités suite aux retards de livraisons ». Si les grévistes ne se sont pas laissés duper, la panique de la direction était bien réelle face à la forte pression mise par le donneur d’ordre Airbus. En effet, ce dernier cherchait encore à atteindre les 700 avions livrés pour 2022 avec un mois de décembre décisif où plus de 130 appareils devaient être livrés pour tenir les objectifs.

À Toulouse, le sous-traitant aéronautique AAA travaille sur la « Customer line » de l’A320. Autrement dit, ils assurent le contrôle final avant la mise en service des A320, modèle le plus vendu par l’avionneur. Ainsi, la grève des salariés de AAA est venue fortement ralentir des cadences particulièrement intenses.

Arnaud Robin, délégué syndical central CFDT, résumait la situation : « On sait que chez Airbus, la fin d’année, c’est la période la plus critique, s’il y a du retard, il devient quasi impossible à rattraper. On savait qu’une grève à ce moment allait engendrer une forte pression d’Airbus qui a menacé notre direction d’un million d’euros de pénalité par avion livré en retard. Avec cinq avions retardés, c’était donc cinq millions de sanctions. À cela, s’est ajoutée la menace de la perte de deux contrats. Mais du côté des salariés ces arguments ne nous faisaient ni chaud ni froid, si la direction voulait éviter les sanctions, il y avait juste à répondre à nos revendications ».

Si la direction avait initialement proposé 200 euros de prime, assurant qu’elle ne pouvait pas donner plus, la mobilisation est venu démontrer l’inverse. En effet, après seulement un jour et demi de grève, la direction a dû revoir sa copie, proposant 500 euros de prime, mais aussi le paiement des jours de grève. « C’est la première fois qu’on obtient le remboursement des jours de grève » relève le syndicaliste CFDT. C’est donc une première victoire pour les grévistes qui donne confiance pour la suite, notamment avec les futures NAO (négociations annuelles obligatoires) qui vont arriver début 2023.

Comme le résume Nicolas, un des grévistes présent à Toulouse : « Une prime n’est que très ponctuelle, ce qui va compter à l’avenir, c’est de discuter d’augmentations sur le taux horaire ». Ainsi, cette première mobilisation a montré toute la force des grévistes, conscients que pour aller chercher des augmentations de salaires à la hauteur de l’inflation, il sera nécessaire se mobiliser de nouveau.

Plus largement, de nombreuses grèves inédites pour les salaires ont eu lieu dans le secteur aéronautique ces derniers mois. Des sous-traitant comme Daher, Derichebourg, Satys ou Sabena aux donneurs d’ordres comme Airbus, Thalès, Safran, Dassault, ce sont des milliers de salariés du secteur qui ont fait grève sur les questions salariales. Seulement ces grèves sont menées entreprises par entreprises, chacune suivant son calendrier de négociation spécifique.

Pourtant, pour obtenir de réelles augmentations de salaire, c’est l’unité entre les travailleurs des différents sous-traitants et donneurs d’ordres qui sera décisive. Arnaud Robin insiste sur cet enjeu : « Les NAO, c’est un prétexte derrière lequel se cachent les directions pour qu’on ne lutte pas au même moment dans les différentes entreprises. Si on veut vraiment construire un rapport de force, ça va passer par se coordonner avec les autres salariés du secteur aéronautique. »


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