^

Politique

4ème marche pour Adama

Assa Traoré en conférence de presse : « On dénonce l’impunité policière, la violence raciale, la violence sociale ! »

Dans un contexte de soulèvement international contre les violences policières, la quatrième marche en hommage à Adama se tient actuellement ce samedi. Une conférence de presse précédait la marche avec des intervention de membres du comité Vérité et justice pour Adama et de nombreuses familles de victimes de violences policières.

samedi 18 juillet

Depuis le 25 mai et la mort filmée de Georges Floyd, une vague de révolte contre les violences policières et le racisme d’état s’est déclenché dans de nombreux pays. En France, c’est dans le combat pour la justice et la vérité pour Adama Traoré que la jeunesse racisée des quartiers populaires s’est levée contre les violences policières et le racisme avec notamment des dizaines de milliers de personnes réunis le 2 juin et le rassemblement ou encore le 13 juin devant le tribunal de Grande Instance de Paris. C’est dans ce contexte que se tient la marche en hommage à Adama pour la quatrième année consécutive ce 18 juillet à Persan-Beaumont.

Pour lancer cette 4ème marche pour exiger Vérité et Justice pour Adama et toutes les victimes de violences policières avait lieu une conférence de presse rassemblant le comité pour Adama et un très grand nombre de familles de victimes et de soutiens.

« Si je dis la vérité qui va me protéger ? »

C’est sous la pression populaire des deux dernières dates de manifestations le 2 et le 14 juin, déclare Assa Traoré, que les juges d’instructions se voient forcés d’ouvrir 17 nouvelles investigations, d’entendre deux témoins clé, mis de côté pendant 4 ans de procédure judiciaire. Ainsi, dit-elle « l’enquête a toujours été faite pour protéger les gendarmes ». Aussi, le collectif réclame la démission de la juge en charge de l’affaire et un nouveau procès public des gendarmes. Alors que les juges d’instruction demandent une nouvelle expertise par 4 médecins belges, et qu’au bout de 4 ans d’investigation, on ne sait toujours pas à quelle heure précise est mort Adama Traoré, Assa et le collectif justice et vérité pour Adama réclament une reconstitution : « cette reconstitution va nous dire ce qu’il s’est réellement passé dans cet appartement », lieu de la mort présumé d’Adama. Une obstruction telle que le témoin principal de la scène a déclaré : « si je dis la vérité qui va me protéger ? ». Face à l’obstruction manifeste de la justice, main dans la main avec la police, le collectif réclame la requalification de l’affaire en homicide volontaire.

Assa Traoré : « Aujourd’hui on dénonce l’impunité policière qui se passe en France, on dénonce la violence raciale, on dénonce la violence sociale ! »

C’est plus de 10 interventions et 8 collectifs qui ont pris la parole pour dénoncer l’impunité policière, la connivence entre la justice et la police et exiger justice et vérité pour Lamine Dieng, Ibrahima Ba, Sabri, Babacar, Cédric Chouviat... Affirmant pour certains la filiation de leur combat avec le Mouvement de l’Immigration et des Banlieues et les Black Panthers comme c’est le cas de Assa Traoré ou Camara, frère de Gaye Camara tué par la police.

Interrogée sur la convergence manifeste de cette manifestation aux couleurs de l’anti-racisme mais aussi des gilets jaunes ou des mouvements écologistes avec des slogans tel que « on arrive plus à respirer », Assa Traoré affirme « aujourd’hui le combat appartient à toute la France ». A la tête du collectif qui a appelé à rejoindre l’occupation du centre commercial Italie 2, qui a accueilli à Persan-Beaumont l’acte 36 des gilets Jaunes, Assa poursuit : « le comité Adama a toujours combattu toute forme de discrimination qu’elle soit sociale, raciale, le combat Adama s’est toujours tenu auprès des femmes de ménage d’Onet, auprès des sans-papiers, auprès des gilets jaunes et aujourd’hui nous sommes tous devenu des soldats malgré nous face à cette machine de guerre, nous sommes tous du meme coté et il faut [la] renverser »

Se plaçant aux côtés du collectif Adama, Camara, dénonce : « L’état, la justice les juges d’instructions, les médecins légistes sont corrompus [...] il faut se battre et exiger la justice pour tous ! On attaque pas un uniforme on attaque un système ! »

Afin de poursuivre ce combat, le collectif justice et vérité pour Adama appelle à un rassemblement en septembre pour réclamer la démission de la juge en charge de l’affaire Adama.




Mots-clés

Racisme d’État   /    Répression policière   /    Anti-racisme   /    Police   /    Comité Vérité pour Adama   /    impunité policière   /    Adama Traoré   /    Racisme   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique