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Politique

À quand des moyens pour l'école ?

Blanquer ne recule pas : il veut toujours fermer des classes !

Les annonces de Macron concernant l'école ont obligé le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, à un sacré numéro de langue de bois pour dire que les choses resteraient globalement comme avant et qu'on ne donnerait pas à l'école les moyens dont elle a réellement besoin.

lundi 29 avril

Crédits photo : Eric Feferberg / AFP

Annulation des fermetures d’école mais fermeture de classes...

« Nous ne fermerons pas d’école primaire, c’est la première fois qu’un gouvernement s’engage à faire cela, c’est énorme ». Jean-Michel Blanquer a cherché ce samedi 27 avril à redorer son blason quelque peu ternis ces derniers temps depuis la sortie de sa loi sur l’école de la confiance où il faisait entre autres un immense cadeau au secteur privé en abaissant l’âge minimal de scolarisation à 3 ans, forçant ainsi les collectivités à financer les établissements privés sous contrat. Mais si les 186 écoles que le gouvernement avait prévu de fermer resteront ouverte à la rentrée scolaire prochaine, il y a toutefois un « mais ».

« Pour les classes c’est forcément différent. Personne, aucun ministre de l’Éducation ne pourrait vous dire qu’il n’y a jamais de fermetures de classes ». L’envers de cette prétendue reculade du ministre de l’Éducation nationale, c’est la fermeture de classe qui reste coûte que coûte au programme. Or, bien plus que les fermetures d’école primaire, fait assez rare au demeurant, c’est ce que redoutent le plus les maires, notamment en milieu rural. En effet, la fermeture d’une classe déstabilise un établissement et perturbe la continuité de son fonctionnement et de son renouvellement. À terme, cela participe au déclin d’une école et à sa fermeture. On retombe donc sur le même problème finalement.

24 par classes et combien de postes ?

L’autre mesure avec laquelle Blanquer doit se débattre, c’est l’annonce faite par Macron de réduire à 24 le nombre d’élèves dans les classes de grandes sections de maternelle, CP et CE1 dans l’ensemble des établissements. Cette mesure soulève plusieurs points de controverses que le ministre esquive mais non sans nous faire perdre de vue qu’une augmentation des moyens pour l’école et l’éducation n’est pas à l’ordre du jour.

Tout d’abord, pourquoi limiter cette mesure uniquement à ces trois années ? Les experts en éducation s’accordent pour dire qu’au-delà de 24 élèves par classe dans les sections de primaire les résultats ne sont pas bons pour les élèves.

Autre point sur lequel Blanquer ne pouvait donner que des réponses insatisfaisantes : le recrutement des enseignements pour répondre à ce redéploiement des effectifs dès la rentrée de septembre 2020. Le gouvernement annonce la création de 3000 à 5000 classes pour répondre à la limitation du nombre d’élèves par classe. Or, si l’on consulte la fourchette haute des syndicats comme le SNUipp-FSU, ce serait 35 000 classes de CP et CE1 qui auraient leurs effectifs au-dessus de 24. Même Les Échos, pourtant très libéral, estime à 10 000 le nombre de postes à créer pour répondre à ce changement alors que le gouvernement n’en prévoit que 2000. Clairement, Blanquer et Macron jouent sur les effets d’annonce en cette période de fin du Grand débat et de drame national. Mais force est de constater que leurs paroles sont largement en dessous de ce qu’il serait nécessaire de faire pour les élèves les plus jeunes. Il y a fort à parier que ces annonces vont renforcer la dynamique de contestation enclenchée dans les écoles maternelles et primaires ce printemps chez les enseignants.




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