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Politique

TPMP à la botte de Bolloré

Bolloré pille l’Afrique et soutient l’extrême-droite (et Hanouna est au courant)

Hier soir, dans l’émission Touche Pas à Mon Poste, Cyril Hanouna a multiplié les menaces et les insultes en direction du député LFI Louis Boyard. Celui-ci a osé rappeler la responsabilité de Bolloré dans la destruction de l’Afrique. Si le milliardaire breton est aujourd’hui connu pour servir la soupe à l’extrême droite via son empire médiatique, il s’est en effet construit sur le pillage impérialiste de l’Afrique.

vendredi 11 novembre

Crédits photo : AFP

Hier soir, dans l’émission Touche Pas à Mon Poste, Cyril Hanouna a multiplié les menaces et les insultes en direction du député LFI Louis Boyard, avant de le chasser du plateau. Celui-ci avait osé rappeler la responsabilité de Bolloré dans la destruction de l’Afrique et critiqué le milliardaire breton, propriétaire de C8 et proche d’Hanouna.

Bolloré est aujourd’hui surtout connu pour son empire médiatique, avec entre autres Canal+, C8 et CNews, le JDD, Paris Match, le groupe d’édition Editis ou encore un réseau d’agences de publicité et de communication. Un empire mis au service de la prolifération des idées d’extrême droite, qui a joué un rôle clé dans l’émergence du phénomène Zemmour durant la campagne présidentielle. Comble de l’ignominie, les moyens qui ont servi à construire cet empire médiatique profondément réactionnaire et xénophobe ont été extorqués du pillage du continent africain. Comme le titrait Médiapart en février dernier, L’Afrique est en effet le « cœur du réacteur du groupe Bolloré ».

Bien que récemment, il ait dû se séparer de son activité portuaire au profit de MSC, Bolloré a conquis en quelques années un quasi-monopole sur les transports et la logistique dans de nombreux pays du continent africain.

En 1996, Bolloré prend le contrôle du groupe Rivaud, un groupe directement hérité de l’histoire coloniale française. Il possède des millions d’hectares de cultures, aussi bien en Asie qu’en Afrique, et est composé d’entreprises aux noms évocateurs tels que : « Caoutchouc de Padang, Forestière bordelaise, Terres rouges, Compagnie du Cambodge, Sennah Rubber … » comme le rapporte Médiapart. Auparavant, il avait déjà consolidé ses positions dans la logistique, avec le groupe Bolloré Transports & Logistics, présent dans de nombreux pays. Il investit également dans l’exploitation des forêts (notamment au travers de la Socfin et de ses filiales) : exploitation forestière pour du bois d’œuvre, huile de palme, cacao, coton, bananeraies ...

Tout un empire mis au service d’un extractivisme tout droit hérité du colonialisme et de la Françafrique : comme le rapporte Le Monde Diplomatique : « Le conglomérat multiplie aussi les contrats dans le domaine de la logistique pétrolière, minière ou industrielle : avec Total en Angola, au Cameroun ou au Congo ; avec Areva pour l’uranium du Niger ; pour des mines d’or au Burkina Faso ou une centrale électrique au Ghana, etc. » Alors que le groupe profite de l’instabilité, des conflits et des coups d’États pour marquer ses coups financiers, il se gave également sur la logistique humanitaire. Le même article explique ainsi : « Au Soudan, pays pétrolier ravagé par des années de violence, ses filiales font, de l’aveu même de leurs responsables, de fructueuses affaires simultanément dans les logistiques humanitaire... et pétrolière »

C’est par la collaboration avec les régimes les plus réactionnaires et répressifs comme celui de Paul Biya au Cameroun ou Blaise Compaoré au Burkina Faso que Bolloré a ainsi pu s’imposer. Mais il ne s’arrête pas là : il a entretenu des liens étroits avec le régime de Charles Taylor au Libéria, ce dernier étant aujourd’hui reconnu coupable de crimes contre l’humanité. En fond, cette entreprise profondément coloniale a bénéficié du plein soutien de l’État Français, notamment en la personne de Nicolas Sarkozy, et des vagues de privatisations de différentes infrastructures imposées par le FMI à partir des années 1990.

Quand Bolloré se gave, ce sont les populations qui trinquent. Entre les conditions de travail quasi-esclavagistes que dénonçaient les travailleurs du Bolloré Africa Logistic Mali, l’exploitation d’enfants dans les industries agro-industrielles de la filiale Bolloré Africa Logistics, ou encore via l’accaparement des terres, qui laisse les personnes sans moyens de survivre au profit des plantations d’hévéas ou encore de Palmiers à huile, les populations subissent quotidiennement les conséquences de la prédation opérée par Bolloré.

En 2016 au Cameroun, un train surchargé et vétuste, opéré par une filiale ferroviaire de Bolloré déraillait, tuant au moins 79 personnes et blessant 600 autres. Les dévastes environnementaux causés par le groupe impactent directement la vie des personnes, avec des pollutions de cours d’eau, des déforestations, des rejets en tout genres. Récemment, on apprenait d’ailleurs que Bolloré était présent sur les projets Tilenga et EACOP de Total, pour lesquels plus de 118 000 personnes seront expropriés en Tanzanie et en Ouganda. Ce dernier opérera en effet les ports permettant d’exporter le pétrole extrait par le projet.

Construit sur la destruction et le pillage impérialiste de l’Afrique, Bolloré s’évertue aujourd’hui à répandre son racisme profond via son empire médiatique. Un empire qu’Hanouna a fervemment défendu jeudi soir, déclarant qu’il « ne crache pas dans la main qui le nourrit ». La séquence entre Cyril Hanouna et Louis Boyard est ainsi symptomatique d’une chose : la dénonciation du racisme décomplexé qui infuse les Touche Pas à Mon Poste et autres émissions marche-pied de l’extrême droite doit être menée conjointement à un combat contre l’impérialisme français et ceux qui en profitent.



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