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Brésil : Une situation sanitaire toujours plus catastrophique

La situation sanitaire au Brésil est de plus en plus désastreuse, le nombre de contamination quotidienne est en constante augmentation et le pays a déjà enregistré près de 285 000 décès. La gestion du gouvernement Bolsonaro, le déni total, est criminelle et c'est seulement par une prise en charge de la crise sanitaire par les travailleurs que pourraient-être évités de nouvelles vagues mortuaires.

vendredi 19 mars

Crédits photo : AFP

Cette semaine le Brésil a enregistré une forte montée des taux de contaminations au Covid-19 avec près de 80 000 nouveaux cas enregistrés chaque jours. Certains jours ce sont même plus de contaminations quotidiennes qui ont été comptabilisé, ce fut le cas entre mardi et mercredi. En tout jusqu’à présent, ce sont 11 603 535 personnes qui ont été touché par le virus depuis le début de la pandémie.Le pays est particulièrement endeuillé, il occupe le deuxième rang mondial des morts liés au covid, avec près de 285 000 décès depuis début 2020. Un chiffre tragiquement haut qui représente près de 21% du total des morts liés au Covid dans le monde.

La situation ne cesse de dégénérer au point que la pays pourrait devenir « une menace pour la santé publique mondiale ». Pour l’heure, ce sont les brésiliens et brésiliennes qui sont le plus durement touchés par l’ingérence total du gouvernement de Bolsonaro, avec une moyenne de 2000 décès par jour la semaine passée et des pics jusqu’à 3500. Et cela n’a pas l’air de s’arranger puisqu’on compte, en moyenne sur l’ensemble du pays, 80% des lits en soins intensifs occupés et cela monte jusqu’à plus de 90% dans 15 des 27 capitales d’états, comme à Rio de Janeiro et à Sao Paulo.

L’embolie récente de l’épidémie, qui n’a connu au Brésil que de très courtes phases de ralentissement, n’est pas délié du développement d’une nouvelle souche variante, la P1 provenant principalement de la ville de Manaus dans le nord du pays. Ce variant serait deux fois plus transmissible, en plus d’être plus résistant aux défenses immunitaires des personnes ayant déjà contracté la maladie. En effet il y aurait une probabilité de réinfection qui se situe 25 et 60% suite à une première contamination, ce qui favorise un développement persistant du virus.

A cela s’ajoute l’inquiétante augmentation du nombre de morts ayant moins de 60 ans. En effet, selon le responsable des soins intensifs de l’hopital Emilio Ribas de Sao Paulo Jaques Sztajnbok : « Le profil de nos patients a changé. Aujourd’hui, nous avons des personnes plus jeunes hospitalisées dans un état très grave, même si elles n’ont pas de comorbidités ». Ce sont ainsi 29% des décès qui concerne des patients de moins de 60 ans, une tranche d’âge qui concernerait selon Carlos Pereira Junior, directeur du même hôpital « La moitié des patients hospitalisés ».

Cette explosion des contaminations et le début de saturation des hôpitaux n’est pas un produit du hasard ou d’une spécificité brésilienne, elle est la conséquence directe de la gestion meurtrière de la pandémie par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Qualifiant le virus de grippette en début de pandémie, ne prenant aucune mesure de contention sanitaire, pas même la simple distanciation sociale ou le port du masque, Bolsonaro a laissé grimpé la pandémie et est responsable de cette vague meurtrière. Dans un déni le plus total de la pandémie, Bolsonaro a tout fait pour maintenir l’activité économique du pays, afin de garantir l’accumulation des profits par le grand patronat au détriment de milliers de morts, qui auraient pu être évités..

Dans ce contexte, et sous la pression du mécontentement populaire et de certains secteurs de la santé, le gouvernement « lache du lest » notamment en achetant massivement des vaccins et en commandant plus de 500 millions de doses. Pour l’heure, ce sont seulement 3,6 millions de personnes qui ont reçu deux doses vaccinales, un chiffre ridicule dans un pays de plus de 220 millions d’habitants. Aussi, le ministre de la santé était jusqu’à très récemment Eduardo Pazuello, un général de l’armée sans aucun lien avec la santé qui vient d’être remplacer par Marcelo Queiroga, cardiologue,

Pour autant, le point critique dans lequel se trouve le pays du point de vue sanitaire est de la responsabilité directe du gouvernement. Et ce n’est que dans une bataille contre ce dernier, en exigeant un plan sanitaire à la hauteur, une réquisition sous contrôles des travailleurs des industries pour produire du matériel de santé nécessaire (oxygène, masque,..) ainsi que la fermeture des industries non-essentielles que la catastrophe sanitaire pourrait être évitée, du moins amoindrie au vu de la situation actuelle plus que tragique. De plus, pour en finir réellement avec la pandémie il est nécessaire de lutter pour l’abolition de tous les brevets des grands laboratoires pharmaceutiques sur les vaccins ainsi qu’une coordination internationale pour une distribution et injection vaccinale efficace.




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