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Notre classe

« Carkill tueur d'emplois »

Cargill Haubourdin. L’État autorise 186 licenciements, les salariés crient leur colère

Vendredi 28 août, 150 personnes se sont rassemblées contre le PSE qui touche l'entreprise Cargill à Haubourdin dans le Nord. En effet, l’État vient d 'autoriser 186 licenciements, alors même que l'entreprise a réalisé 9 millions d'euros de bénéfices en 2019, et que les salariés ont travaillé à plein régime pendant le confinement pour fournir les hôpitaux en glucose.

samedi 29 août

Ce vendredi après-midi, nous étions plus d’une centaine devant l’usine Cargill à Haubourdin dans le Nord en soutien aux salariés menacés de licenciement. Salariés syndiqués à la CGT, Gilets jaunes, militants insoumis, PCF et CNT étaient là aux côté des Cargill pour dénoncer un énième plan de licenciement massif. Le PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) prévoit en effet de mettre à la porte 186 salariés, alors même que l’entreprise a réalisé 9 millions d’euros de bénéfice comme le confirme Dorian Vallois, délégué CGT de l’usine.

Depuis le 21 novembre 2019, les salariés de Cargill sont en lutte contre le plan de licenciement annoncé par leur direction suite à la décision de réorienter la production du site. De plus, s’est ajouté à ce plan de licenciement une détérioration des conditions de travail notamment par la pression exercée par la direction. Dorian Vallois dénonce « des mauvaises conditions de travail et risques réels pour les salariés aussi bien mental que physique » qui visent à « briser et casser de l’être humain ». Malgré ces méthodes, les Cargill sont restés déterminés à défendre leurs emplois.

Pendant la période de confinement, les salariés n’ont pas cessé de travailler et de participer à la production de biens essentiels aux hôpitaux, notamment la production de glucose nécessaire entre autres aux nouveaux nés prématurés. De plus, ils ont fait face à une réorganisation interne de la production pour respecter les protocoles sanitaires, ce qui a fortement impacté physiquement et moralement les employés. Sans égard pour les sacrifices consentis, la direction a remis sur la table le plan de licenciement dès qu’elle a pu le faire.

Si officiellement, la direction prétend ne viser que 129 emplois, Dorian Vallois affirme qu’en réalité « c’est 170 licenciements actés qui pourraient monter jusqu’à 186 » dont il s’agit. La guerre des chiffres entre la direction et la CGT ne doit pas masquer que les licenciements interviennent dans un contexte de crise économique et dans une région déjà fortement touchée par le chômage et les plans de licenciements, comme c’est le cas à Camaïeu dernièrement.

A 17h30, les députés de la France Insoumise du Nord, le sénateurs PCF du Nord et Jean-Luc Mélenchon sont venus au rassemblement pour apporter leur soutien aux Cargill. Après une prise de parole du délégué syndical qui a appelé « toutes les boîtes à se battre comme nous » tout en fustigeant les « patrons voyous », Jean-Luc Mélenchon est intervenu. Le chef du groupe parlementaire Insoumis a invectivé Macron tout en dénonçant l’aberration écologique et humaine des licenciements à Cargill. « Ils se sont gorgés d’argent publique et ils virent les gens comme des choses » a déclaré le leader de La France Insoumise à propos de la direction de Cargill tout en dénonçant que le plan de licenciement à Cargill était « le symbole de tout ce qu’il ne faut pas faire » en matière humaine et écologique.

Le 7 septembre prochain, les salariés de Cargill seront au Tribunal de grande instance de Lille pour défendre leur cause et faire invalider le plan de licenciement. La lutte contre les licenciements à Cargill comme partout ailleurs n’est pas encore finie, et nécessitera un plan de bataille qui mobilise l’ensemble des salariés, car ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise.




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