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Chili. Révoltes après la mort du jongleur Francisco Martinez, abattu par la police

Des révoltes ont éclaté au Chili ce vendredi à la suite de la mort de Francisco Martinez, artiste de rue abattu par un carabinier. Les manifestants réclament justice et vérité ainsi que la fin de l'impunité policière.

lundi 8 février

Ce Vendredi 5 février, les habitants de Panguipulli au Chili sont sortis dans la rue pour protester après la mort de Francisco Martinez abattu par un carabinier de la police. C’était un artiste de rue, jongleur, aussi connu sous le nom de “El Tibet” par les habitants de Panguipulli. C’est durant un contrôle d’identité qu’il s’est fait tirer dessus à bout portant. Alors que la police chilienne affirme que c’était un acte de légitime défense, plusieurs témoins soutiennent que Francisco n’était en possession que de simples sabres de cirque aux lames arrondies et inoffensives qu’il utilisait dans ses spectacles de rue. Les derniers éléments de l’enquête en cours mettent considérablement en cause la thèse de la légitime défense.

La mort de Francisco Martinez s’inscrit tristement dans le sillage des blessés et des morts causés par les forces de l’ordre chiliennes depuis 2019. Amnesty International avait déjà dénombré en décembre 2019 26 morts et 2459 blessés (dont 1400 par balles) durant les manifestations qui avaient mobilisé des centaines de milliers de manifestants (820 000 rien qu’à Santiago) jusqu’au début de la pandémie qui a mis en pause ce mouvement contre les inégalités sociales grandissantes au Chili. Ces chiffres ont été revus à la hausse en 2020.

La mort de Francisco Martinez a engendré une vague d’indignation et de colère sur les bancs de la gauche chilienne et au sein de la population de Panguipulli, qui sont allés jusqu’à brûler entièrement a mairie et le commissariat de police pour manifester leur indignation et leur révolte. Par la suite, une veillée a été organisée ce week-end à Puente Alto en hommage à ce jeune homme de 24 ans. Et comme le souligne le journal chilien La Izquierda Diario, ce n’est pas la première fois que cette ville au sud du Chili, avec seulement 35 000 habitants, est au cœur de la lutte des classes du pays. En effet, dans les années 70, les paysans et ouvriers forestiers de Panguipulli avaient déjà lutté avec fermeté pour la nationalisation du complexe forestier de Panguipulli.

Le gouvernement de Pinera, quant à lui, a fait arrêter le carabinier en question et l’enquête est en cours. Cependant, ce que demandent les manifestants désormais, et les opposants au gouvernement, c’est non seulement que cet homme soit jugé pour meurtre mais surtout que cette section de la police soit dissoute pour sa mise en danger du peuple chilien. Les carabiniers existent au Chili depuis les années 20 et font partie des corps de police du pays. Depuis octobre 2019 et les manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays contre les inégalités sociales, l’opinion publique leur est largement défavorable au vu de la répression menée pour mater le mouvement. Selon une récente étude de CNN Chile, 64% des chiliens considèreraient que les “carabineros” violent très fréquemment les droits de l’homme.

En réaction à ces récents évènements, différents collectifs chiliens appellent à une mobilisation massive dans tout le pays. Une mobilisation qui devrait s’élever contre l’impunité de la police chilienne. Encore récemment, la corporation autonome de droit public, qu’est l’Institut National des Droits de l’Homme accuse les dites forces de l’ordre chiliennes de violences à répétition (blessures occulaires, morts, etc.) mais aussi de torture et de violences sexuelles lors des détentions.




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