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Chili : brutale répression dans la ville d’Antofagasta

Plus de 200 manifestants, y compris des enfants, blessés à l’œil par des balles en caoutchouc. D’autres touchés par des tirs à balles réelles. Piñera répond par le tout répressif à la détermination sans faille de la population.

jeudi 28 novembre 2019

Le Comité d’urgence et de protection de l’emblématique ville minière d’Antofagasta, située au Nord du Chili, a dénoncé ce mercredi, dans une conférence de presse, un saut important ces derniers jours, dans la répression exercée par la police. Le Comité d’urgence et de protection, qui regroupe des travailleurs, des habitants, des étudiants, des jeunes travailleurs, des dirigeants syndicaux, des avocats, a dénoncé avoir accueilli plus de 200 personnes blessées à l’œil par des balles en caoutchouc, parmi lesquelles se trouvent des enfants, ainsi que des manifestants présentant des impacts de balles.

Dauno Tótoro, connu pour être le premier manifestant visé par une plainte du gouvernement Piñera qui l’accuse d’avoir « incité les participants [d’une assemblée] à mettre en place des mesures de coordination pour lancer une grève générale indéfinie visant à renverser le gouvernement », a apporté son soutien, depuis Santiago, dans une vidéo postée dans les réseaux sociaux :

« Il y a des images scandaleuses d’enfants blessés par de tirs de chevrotine. La commission de secours du Comité d’urgence et de protection a constaté trois blessés par balle durant la répression, et nous avons vu la police militaire rentrer par la force chez des particuliers dans les quartiers Miramar et Bonilla » a dénoncé le jeune dirigeant du Parti de Travailleurs Révolutionnaires qui anime La Izquierda Diario Chili. Selon Tótoro, cette répression policière ciblée à Antofagasta pourrait s’expliquer par « la peur qu’a le gouvernement de cette lutte héroïque des habitants de quartiers populaires et des travailleurs à Antofagasta, côte à côte avec des médecins, jeunes, étudiants, qui est devenue un exemple d’organisation pour lutter contre les salaires de misère, les retraites privées, et une santé publique délabrée ». Ensuite, Dauno a ajouté : « Nous suivons de près votre organisation et votre lutte, et nous vous portons toute notre solidarité. Nous savons que dans votre région il y a beaucoup de ressources, si on les expropriait des mains de grands patrons, nous pourrions les mettre au profit de la satisfaction des premières nécessités de la majorité de la population ».

La vidéo de Dauno finit par un message directement adressé à tou.te.s les manifestant.e.s qui continuent la lutte « on sera à vos côtés dans la lutte pour stopper la répression, dégager ce gouvernement, et pour le jugement de tous les responsables des violations de droits humains ».




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