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Politique

Reverdir son quinquennat

Convention pour le climat. Des propositions limitées, un greenwashing pour Macron

Ce dimanche, la convention citoyenne pour le climat a remis au gouvernement son rapport final avec 149 propositions ayant pour objectif la baisse d’au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Pour Macron, il s’agit avant tout de repeindre son quinquennat en vert.

mardi 23 juin

 Crédits photo : AFP 

Parmi les 149 propositions proposées par la Convention pour le climat, l’une des plus ambitieuses et avec une véritable dimension écologique et sociale, la réduction du temps de travail à 28h/semaine sans baisse de salaire, a déjà été écartée – ce pour le plus grand plaisir du MEDEF et du patronat. Pour le reste, même les propositions les plus limités, mais qui touche un temps soit peu les profits du grand patronat, comme la réduction de la TVA sur les billets de train, des mesures pour luttre contre l’artificialisation des sols, des mesures pour une pêche et une agriculture plus durable et moins productrices de gaz à effet de serre, la régulation de la publicité pour réduire les incitations à la surconsommation, ou encore la reconnaissance du crime d’écocide sont elles aussi sur la sellette.

Comme le souligne Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement, dans Le Monde, il ne résulte de cette convention qu’un « catalogue de bonnes intentions », dans lequel seront sans doute pioché les mesures les moins contraignantes afin de faire bonne figure. Des signes d’une telle dynamique peuvent déjà être observés : le patronat a émis de nombreuses « réserves » sur les mesures proposées, comme le relatent les Echos : « Le Medef salue “le sérieux de la démarche” de la convention citoyenne, mais critique de nombreuses mesures, comme la taxe sur les dividendes ou l’interdiction des vols intérieurs. A la CPME ou à l’U2P, on regrette une vision de l’écologie “plus punitive qu’incitative”. »

Ces déclarations du patronat témoignent que ce dernier est conscient de sa grande capacité à peser sur les décisions en matière d’écologie du gouvernement. Mais cela témoigne aussi du fait que malgré ses limites, la Convention pour le climat a été en mesure de proposer des mesures dans l’ensemble progressistes pour le climat. Certaines mesures effraient les patrons des grandes entreprises qui, s’ils essayent de s’adapter au discours ambiant, ne pourront jamais mettre en œuvre une logique réelle de préservation de l’environnement puisque leur essence même est la poursuite du profit.

Montée de toute pièce par le gouvernement Macron, la structure même de cette convention en dit long sur la façon dont l’écologie a été complètement dépolitisée par ses organisateurs. En effet, les 150 participants ont été répartis par groupes thématiques tels que « Se nourrir » ou « Se loger », des expressions qui réduisent la question climatique à des actions individuelles, occultant ainsi la responsabilité des grands groupes capitalistes, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

Répondant à la pression mise par le mouvement des Gilets Jaunes pour une implication des citoyens dans la prise de décisions politiques, la convention citoyenne pour le climat, tout comme le « Grand débat », ne sont que des coups de communication. Ces concessions de la part l’Etat bourgeois ont pour objectif de donner l’illusion que celui-ci s’intéresse à l’avis des citoyens, alors même que la plupart des propositions qui ont été faites sont portées depuis des années par de nombreuses ONG et associations et n’ont jamais été prises en compte par le gouvernement.

Bien que l’on ne puisse pas douter de la réelle volonté des participants à cette expérience de préserver le climat, il apparaît de plus en plus clair que la question du réchauffement climatique ne se réglera pas au sein d’une convention organisée par un gouvernement qui, il y a encore quelques mois, soutenait ouvertement le projet d’exploitation minière « Montagne d’or » en Guyane. La lutte écologique nécessite le renversement du système capitaliste, fondé entre autres sur la surproduction, le gaspillage des énergies et l’agriculture intensive et industrielle.




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