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Coronavirus. Après 10 ans d’austérité, la Grèce confrontée à l’épidémie

Avec 117 cas de coronavirus déclarés, la Grèce a pris des mesures pour ralentir la propagation du virus. Mais dans un pays touché par la crise économique et les offensives austéritaires depuis 10 ans, l’épidémie risque de faire des dégâts.

samedi 14 mars

Ce jeudi matin, la Grèce a déploré son premier mort dû au coronavirus. Admis à l’hôpital de Patras le 2 mars, l’homme de 66 ans revenait d’un pèlerinage en Egypte et en Israël. La majorité des cas de coronavirus provient d’ailleurs de ce groupe de pèlerins ou de personnes ayant été en contact avec des pèlerins.

Face aux 117 cas de coronavirus déclarés en Grèce, le gouvernement a pris des mesures pour ralentir l’extension du virus. Depuis mardi, toutes les écoles, crèches et universités sont fermées pour deux semaines, au même titre que les musées et les sites archéologiques tels que l’Acropole, le site de l’Olympie ou encore le théâtre d’Épidaure. Les rassemblements publics et les spectacles sont interdits dans deux régions du Péloponnèse et toutes les rencontres sportives se font à huis clos. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé qu’il allait faire adopter un décret pour faciliter la prise de congés pour les parents avec des enfants à charge ainsi que l’augmentation du budget du ministère de la santé de 15 millions d’euros et le recrutement de 2000 médecins et infirmiers.

Mais dans un pays touché par la crise économique et les offensives austéritaires depuis 10 ans, ces mesures risquent d’être insuffisantes. Le docteur Papanikolaou, médecin de l’hôpital de Nikaia, alerte ainsi : « avec la crise de ces dix dernières années et les coupes drastiques, aussi bien sur le matériel que sur la réduction du personnel, nous manquons presque de tout. Un scénario comme l’Italie se traduirait ici par des dizaines de morts par jour ». En effet, l’hôpital public grec, qui subit des coupes budgétaires depuis 10 ans, semble bien loin d’être prêt à affronter une épidémie. La crise économique a entraîné la perte d’un quart de la richesse du pays, soit 25% du PIB, et dans un pays où le tourisme constitue 17% du PIB, la crise du coronavirus pourrait atteindre plus de 2,5% du PIB selon la Banque de Grèce.

Ironie du sort, le premier ministre Kyriakos Mitsotakis a appelé ses concitoyens à adopter un comportement responsable. C’est pourtant la droite capitaliste qui est responsable de la crise économique en Grèce, crise survenue après le krach boursier de 2008 qui a conduit de nombreux États à s’endetter auprès de l’Union Européenne et à mettre en place des mesures austéritaires. Après l’échec du néo-réformisme de Syriza, l’arrivée au pouvoir de la droite, avec comme premier ministre Mitsotakis, n’est pas sans aggraver la situation, avec l’accentuation de ces mesures austéritaires et la précarisation grandissante de la population grecque.

Crédits photo : EUROKINISSI/REUTERS




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