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Politique

La macronie « progressiste » face au RN, vraiment ?

Cri raciste à l’Assemblée : revendiquons l’ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans-papiers !

Le cri raciste lancé par un député RN jeudi à l’Assemblée Nationale a donné lieu à un véritable scandale politique, dans lequel la macronie a tenté refaire une santé et d’apparaître comme « progressiste » face au Rassemblement National. Face à l’hypocrisie du gouvernement, il faut au contraire profiter du scandale actuel pour revendiquer haut et fort l’annulation de la Loi Immigration, mais aussi la régularisation de tous les sans-papiers et la liberté de circulation et d’installation !

vendredi 4 novembre

Crédits photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Ce jeudi, pendant les questions au gouvernement, le député LFI Carlos Bilongo a interpellé les macronistes sur la situation des migrants bloqués sur l’Ocean Viking en mer Méditerranée. Une intervention interrompue par un cri émanant de l’extrême-droite de l’hémicycle où un député RN a vociféré : « qu’ils retournent en Afrique » ou « qu’il retourne en Afrique ». Un cri raciste lancé par le député RN Grégoire de Fournas qui a donné lieu à un véritable scandale politique.

L’occasion pour la macronie de tenter de se refaire une santé et d’apparaître comme « progressiste » face au Rassemblement National. En témoigne le refus de siéger à l’Assemblée tant qu’une sanction n’était pas adoptée hier soir, l’annonce par le ministre des Solidarités ce matin de l’accueil des migrants de « l’Ocean Viking » ou encore le passage de Darmanin hier sur BFMTV qui déclarait que « la question de la démission se pose ».

Un positionnement particulièrement hypocrite deux jours après avoir détaillé son projet de Loi Immigration. Si Renaissance dit trouver choquant les appels à « retourner en Afrique » celui-ci vise notamment à démultiplier les expulsions et à traquer les sans-papiers, en fichant par exemple tous les étrangers visés par une OQTF. D’ailleurs, quelques jours avant, l’État expulsait des centaines de migrants d’un campement sans proposer de solution de relogement.

A ce titre, jeudi, la première réaction de la Présidente de l’Assemblée nationale après la levée de la séance a été de s’interroger : « la question se pose de savoir si c’est retourne en Afrique ou qu’ils retournent Afrique. » Une manière de distinguer une potentielle insulte raciste contre un député d’une « simple » insulte contre des migrants. Une réflexion bien en phase avec la défense du RN, qui a tenu, comme Marine Le Pen, à se défendre en expliquant que son député avait seulement « parlé des migrants transportés en bateaux par les ONG ».

Face à l’offensive, la France Insoumise a de son côté dénoncé l’attaque raciste subie par son député Carlos Bilongo, convoquant un rassemblement de solidarité avec le député qui s’est tenu ce vendredi midi et exigeant la sanction la plus lourde pour le député RN. Celle-ci a été votée quelques heures plus tard dans l’hémicycle. Le député RN écope ainsi de la sanction la plus lourde prévue par le règlement de l’Assemblée… 15 jours de suspension et la réduction de moitié de son indemnité parlementaire pendant les deux prochains mois.

Des sanctions ridicules pour un député grassement payé, qui continuera de toucher plus de 3000€ par mois, et qui ne résolvent pas la question centrale : le profond racisme d’État qu’a exprimé la séquence, en dépit des postures hypocrites du gouvernement. Car si l’extrême-droite se sent pousser des ailes jusqu’à hurler des propos racistes à l’Assemblée, c’est que toute la politique déployée par le gouvernement ces dernières années et mois, de même que son récent projet de Loi Immigration, l’y invitent.

Dans ce cadre, s’opposer au racisme de Grégoire de Fournas, implique de s’opposer au racisme d’État et notamment à la politique migratoire raciste de l’Europe Forteresse, qui laisse mourir les migrants en mer quotidiennement, et que le gouvernement n’a cessé de renforcer ces cinq dernières années. A l’heure où la macronie se prépare à renforcer la chasse aux sans-papiers, il faut profiter du scandale actuel pour revendiquer haut et fort l’annulation de la Loi Immigration, mais aussi la régularisation de tous les sans-papiers et la liberté de circulation et d’installation ! Un combat qui devra se mener par-delà les murs de l’Assemblée Nationale, en s’opposant dans la rue aux politiques du gouvernement et de l’extrême-droite.



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