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Écologie

Désastre écologique

Crise climatique. Des inondations tuent 310 personnes au Pakistan

Depuis le mois de juin, le Pakistan est touché par des pluies de mousson diluviennes tuant plus de 300 personnes. Une énième preuve des conséquences du réchauffement climatique qui affecte en premier lieu les pays les plus vulnérables.

jeudi 28 juillet

Crédits : AKHTAR SOOMRO/REUTERS

Les moussons d’été sont un phénomène saisonnier de pluies qui touchent différents pays du continent asiatique, dont le Pakistan. Les pluies y durent tout l’été, souvent jusqu’au mois de septembre. Mais cette année, les moussons ont une ampleur anormale, comme le rapporte Reporterre : 14 villes sont mises en alerte, dont celle de Karachi au Sud du Pakistan qui est la plus touchée avec 56,8 centimètres de pluie tombée au mois de juillet, d’après le directeur du service météorologique de la ville, soit « près de trois fois la moyenne des dernières années et plus de quatre fois les précipitations d’il y a deux décennies ». Au moins 310 personnes sont décédées, sans compter les centaines de blessés et les 5600 domiciles endommagés voire détruits. On trouve de nombreuses vidéos où l’on peut voir l’ampleur du phénomène et des fortes inondations qui l’accompagnent. Les habitants des villes touchées tentent désespérément de limiter les dégâts ou tentent de fuir leur ville avec l’eau jusqu’au genoux.

Classé parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique par le Global Climate Risk Index, le Pakistan fait partie des pays les plus touchés par les désastres environnementaux. Comme l’explique Afia Salam, activiste écologiste et journaliste pakistanaise, dans les colonnes de The Guardian, le réchauffement climatique a pour conséquence des précipitations moins fréquentes, mais plus concentrées et intenses. Dans le cas du Pakistan, les moussons interviennent après des épisodes de sécheresses qui tendent à casser la capacité des sols et des écosystèmes à stocker l’humidité, augmentant les risques d’inondation.

Cette même activiste dénonce également la gestion du gouvernement qui, selon elle, est inexistante. En effet, une des raisons de la vitesse à laquelle cette catastrophe se produit est l’état des canalisations d’eau et des différentes infrastructures qui n’étant pas entretenues, se retrouvent saturées. Ceci est notamment le résultat du manque criant de services publics au sein du pays, en particulier dans les bidonvilles dont les habitants sont les premières victimes. Arif Zubair, professeur en sciences environnementales, qualifie même la ville de Karachi de “ bombe climatique” en raison de l’urbanisation de la ville qui n’est pas du tout adaptée aux risques d’inondation.

Comme nous l’écrivions, au-delà de la responsabilité du seul gouvernement pakistanais, c’est tout un système économique impérialiste qui est à l’origine du phénomène d’intensification des sécheresses-inondations, notamment en raison de l’agriculture intensive qui appauvrit les sols. Plus largement, le Pakistan, ancienne colonie britannique, est maintenu dans une dépendance telle vis-à-vis des puissances occidentales que le nouveau gouvernement a décidé en juin sous la pression du FMI de consacrer 40% de son budget au remboursement de la dette, qui s’élève à 72% du PIB, au détriment des services publics et plus encore des aménagements nécessaires face à la crise climatique.

Ainsi, la catastrophe écologique et sociale que traverse aujourd’hui le Pakistan est une illustration de la tendance qui s’exprime dans les pays les plus vulnérables, qui sont aussi les plus dépendants des puissances impérialistes. Des chercheurs ont récemment démontré qu’un quart de la population mondiale est directement exposée à un risque d’inondation avec, en première ligne, les populations pauvres d’Asie du Sud et de l’Est, d’Inde et d’Afrique sub-saharienne. Déjà, en Inde et au Bangladesh, des pluies torrentielles ont causé au moins 116 morts mi-juin et obligé des millions de personnes à quitter leur domicile.

Pour contrer cette tendance, il est fondamental de nous organiser contre les multinationales qui, main dans la main avec les gouvernements impérialistes et leurs relais dans les pays dépendants, organisent la destruction de l’environnement des structures sociales à même de faire face à la crise climatique. À l’heure où des multinationales françaises enregistrent des profits records, à l’image de Total qui détient 800 pompes à pétroles pakistanaises, il relève de l’urgence climatique de lutter depuis la France pour le contrôle de la production par les travailleurs eux-mêmes, en solidarité avec les populations du monde entier.

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