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Crise politique. Macron ultra-minoritaire : vers une période de grande instabilité

Le 2ème tour s'annonçait comme un désaveu pour Macron mais le résultat dépasse les pires prévisions. Non seulement, le gouvernement perd sa majorité absolue mais celle-ci est ultra-relative. S’ouvre ainsi une crise politique majeure et un quinquennat explosif.

dimanche 19 juin

Cataclysmique. Le 2ème tour des législatives était voué à être une secousse qui allait affaiblir Macron, mais le résultat final dépasse les pires anticipations. Le gouvernement perd en effet sa majorité absolue de très loin, avec 238 sièges estimés. Un résultat qui condamne Macron à gouverner de façon ultra minoritaire, en cherchant à s’appuyer sur la droite, et ouvre une période d’instabilité politique profonde.

Face à lui, la NUPES devient la première force d’opposition mais son résultat est en demi-teinte. Les résultats finaux sont en effet très loin de la démagogie électoraliste de Jean-Luc Mélenchon qui, vendredi encore, assurait qu’il serait premier ministre en dépit du bon sens. Comme au 1er tour, le niveau de l’abstention qui atteint les 54% en dépit de la campagne de mobilisation menée depuis la présidentielle marque la difficulté de sa coalition avec des partis bourgeois comme le PS ou EELV à convaincre les classes populaires et la jeunesse, alors que près de 3 jeunes sur 4 n’ont pas voté aux législatives.

Face à la NUPES, l’extrême-droite réalise une percée et se constitue en deuxième opposition au gouvernement. Le Rassemblement national pourrait en effet multiplier son nombre de députés par 10, dans la continuité de son résultat historique du 1er tour. Le parti de Le Pen capitalise ainsi sur la haine profonde du macronisme, mais aussi sur l’incapacité de la NUPES à convaincre d’importants secteurs des classes populaires séduits par le RN.

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Ces résultats dessinent un quinquennat extrêmement instable, où la capacité de gouverner d’Emmanuel Macron va être sévèrement mise à l’épreuve. Au milieu d’une guerre réactionnaire en Ukraine et alors que la présence française en Afrique est en crise, cette situation va encore affaiblir la position de l’impérialisme français, pilier de l’Union européenne, sur la scène internationale.

Dans un discours de crise, Elisabeth Borne a appelé à construire une « majorité d’action », en pariant sur la possibilité d’accords avec la droite. Mais ceux-ci pourraient être plus difficiles à conclure qu’espéré et, dans le meilleur des cas, contraindre Macron à gouverner plus à droite qu’il ne le souhaitait.

Si la crise sanitaire a gelé temporairement la dynamique ascendante de la lutte des classes ininterrompue entre 2016 et 2020, cette instabilité politique, dans un contexte international marqué par l’aiguisement des tensions sur le terrain géopolitique, la crise économique qui s’accentue et des tendances à la récession, pourrait conduire rapidement à d’importantes explosions sociales. Une situation dans laquelle les « guérillas parlementaires » préconisées par la NUPES seront impuissantes, tandis que la durabilité de cette coalition pourrait être rapidement mise à l’épreuve alors que Fabien Roussel (PCF) a déjà commencé à prendre ses distances ce dimanche soir.

A l’inverse de la perspective parlementaire qui reste au cœur du discours de la gauche institutionnelle, l’urgence est à se préparer à combattre sur le terrain de la lutte de classe, en cherchant à saisir les brèches que peuvent ouvrir la crise politique en cours. Pour cela, nous avons besoin d’une gauche révolutionnaire à l’offensive capable d’intervenir dans les luttes à venir et de bâtir un front de résistances contre Macron et l’extrême-droite.



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